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ETATS-UNIS/AFRIQUE : La politique africaine de Donald Trump est-elle à la hauteur des déclarations ?

Grâce à son compte Twitter, Donald Trump a la manie d'agacer beaucoup de personnes. S'il croit régenter le monde à partir de simples tweets, il n'obtient que très peu de résultats. Son secrétaire d'Etat américain adjoint chargé de l'Afrique, Tibor Nagy, se veut à son image. Il dit tout haut ce qu'un diplomate de son rang doit dire tout bas, comme si à chaque fois, il était nécessaire d'annoncer la couleur avant de passer à l'action. Toujours est-il que les résultats de cette politique (assumée) ne sont pas à la hauteur des enjeux.

Tibor Nagy doit se rendre dans les prochains jours au Soudan. Que va-t-il y faire ? Il dit vouloir y aller pour appeler l'armée au pouvoir et les représentants de la contestation à la "reprise" du dialogue. Il y a quelques semaines, ce diplomate américain avait déclaré être à l'origine de la chute du général, Omar el-Béchir. Pour ne pas s'arrêter en si bon chemin, il avait ajouté que le cas de Béchir étant réglé, il allait, maintenant, s'occuper du cas de Paul Biya au Cameroun (notre photo montrant ce diplomate en train d'être reçu à Yaoundé par Paul Biya en mars dernier sous le regard de l'ambassadeur des Etats-Unis au Cameroun). Une sortie qui n'a pas été du goût des autorités camerounaises qui ont dû se demander : pour qui se prend il ? Pour ceux qui ne savent pas, rappelons que Tibor Nagy avait, déjà, appelé au départ du président camerounais au pouvoir, il y a quelques mois. L'ambassadeur des Etats-Unis au Cameroun, Peter Henry Barlerin, de son côté, avait, également, invité Paul Biya, avant l'élection présidentielle du 7 octobre 2018, à ne pas se représenter et à ressembler à Nelson Mandela qui avait, volontairement, quitté le pouvoir en Afrique du Sud. Les autorités camerounaises ont, fortement, dénoncé cette ingérence des autorités américaines dans les affaires de leur pays. Depuis, Yaoundé soupçonne Washington de chercher à déstabiliser le régime du président Paul Biya, ce que ne démentent pas les Américains.

La visite de Tibor Nagy à Khartoum est prévue au cours d'une tournée africaine du 12 au 23 juin.

Les Etats-Unis ont condamné, la semaine dernière, les attaques contre les manifestants qui réclament le transfert aux civils du pouvoir après la chute du président, Omar el-Béchir, le 11 avril, remplacé par une junte militaire.

Mais, après un mouvement de contestation pacifique et un début de dialogue sur la transition entre société civile et militaires, les généraux au pouvoir ont, brusquement, durci la répression, la semaine dernière, en dispersant, dans le sang, un sit-in installé devant le quartier général de l'armée.

Tibor Nagy doit rencontrer des représentants de la contestation et de la junte militaire. Nul doute qu'il aura du boulot à Khartoum.

Il doit, également, se rendre en Ethiopie, où siège l'Union africaine, pour évoquer avec ses responsables "les efforts pour soutenir une solution politique" au Soudan. Une solution selon les intérêts de Oncle Sam.

Le diplomate américain a prévu d'aller, aussi, en Afrique du Sud, pour prononcer un discours sur la politique africaine de l'administration de Donald Trump à Johannesbourg. Au Mozambique où il compte terminer son périple, il participera au Sommet des affaires Etats-Unis/Afrique à Maputo. Un Sommet dont on ne parle pas beaucoup.

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