ETATS-UNIS/COREE DU NORD : Opération Sauvetage de Pyongyang d'un Donald Trump menacé de destitution par les démocrates du Congrès

Pour bien montrer que c'est le jeune leader bien aimé, Kim Jong-un, qui mène le jeu devant un vieux Donald Trump, fatigué par les événements d'une future campagne qui lui donne, déjà, des sueurs froides, c'est Pyongyang, qui a annoncé des discussions avec les Etats-Unis, samedi, 5 octobre. Et non le contraire. C'est dire à quel niveau se trouve la diplomatie américaine depuis que Trump s'emmêle les pédales en Syrie, en Irak, et surtout, en Corée du Nord, où il ne contrôle plus les pourparlers ayant trait à sa dénucléarisation.

La Corée du Nord a annoncé, mardi, 1er octobre, qu'elle tiendrait, samedi, 5 octobre, des discussions de travail sur le nucléaire avec les Etats-Unis, relançant les efforts diplomatiques huit mois après l'échec du Sommet de Hanoï. Le département d'Etat américain a confirmé ce même mardi une rencontre «au cours de la semaine prochaine». «Je peux confirmer que les représentants des Etats-Unis et de la RPDC (nom officiel de la Corée du Nord) ont l'intention de se rencontrer la semaine prochaine», a déclaré une porte-parole du département d'Etat, ajoutant qu'elle n'avait pas d'autres détails à fournir sur cette réunion. Puisque c'est la Corée du Nord qui dirige cette rencontre bilatérale.

Les deux parties ont, cependant, accepté d'avoir des «contacts préliminaires» le 4 octobre et des discussions de travail le lendemain, a annoncé le vice-ministre nord-coréen des Affaires étrangères, Choe Son-hui, dans un communiqué diffusé par l'agence officielle KCNA.

«Je m'attends à ce que les négociations au niveau opérationnel accélèrent le développement positif des relations entre la République populaire et démocratique de Corée et les Etats-Unis», a-t-il ajouté sans préciser le lieu des discussions. L'agence KCNA a indiqué que les responsables nord-coréens étaient «prêts» à participer à ces discussions.

Les négociations sur le nucléaire nord-coréen sont au point mort depuis le fiasco du deuxième sommet entre le président américain, Donald Trump, et le leader bien aimé nord-coréen, Kim Jong-un, en février à Hanoï.

Les deux hommes s'étaient de nouveau rencontrés, en juin, à la frontière dans la Zone démilitarisée (DMZ), qui sépare les deux Etats depuis la fin de la guerre de Corée (1950-1953). Cette brève entrevue avait débouché sur la décision de relancer les discussions sur le programme nucléaire de Pyongyang, un peu plus d'un an après le premier Sommet Trump-Kim de Singapour.

Cependant, ces discussions n'ont toujours pas repris, la Corée du Nord ayant, notamment, été échaudée par le refus américain d'annuler des manoeuvres militaires conjointes avec Séoul. Les relations bilatérales se sont, néanmoins, améliorées à la faveur du limogeage de l'ex-conseiller de Donald Trump à la sécurité nationale, John Bolton, réputé pour sa fermeté à l'égard de Pyongyang.

John Bolton avait, notamment, défendu sur le dossier nord-coréen un «modèle libyen» qui consisterait pour la Corée du Nord à renoncer en bloc à toutes ses bombes atomiques et missiles, en échange d'une levée des sanctions.

Cette comparaison avec la Libye de Mu'ammar Kadhafi, ultérieurement, tué lors d'un soulèvement soutenu par des bombardements de l'OTAN, à la demande du président français, Nicolas Sarkozy, avait provoqué la fureur de Pyongyang, qui n'a jamais caché à quel point ce «faucon» était sa bête noire. Donald Trump, lui-même, avait estimé que cette comparaison avait «sérieusement fait reculer» les négociations avec la Corée du Nord.

La «Maison Bleue», siège de la présidence sud-coréenne, a salué l'annonce d'une reprise des discussions entre Pyongyang et Washington, espérant qu'elles aboutissent à des «étapes pratiques» menant à «un régime de paix permanent et la dénucléarisation complète de la péninsule coréenne».

Cette annonce pourrait indiquer que Pyongyang et Washington ont en coulisse réduit leurs divergences, a déclaré Koh Yu-hwan, professeur d'études nord-coréennes à l'Université Dongguk de Séoul.

«Le Nord a demandé des garanties de sécurité en retour aux mesures sur la dénucléarisation et appelé les Etats-Unis à proposer un nouveau plan», a-t-il avancé. «Un consensus entre les deux pourrait avoir été trouvé à ce sujet avant l'annonce de mardi». Une issue diplomatique dont le camp de Trump a grand-besoin afin que soit détournée l'attention de l'opinion américaine, actuellement, centrée sur la démarche des démocrates du Congrès, qui cherchent à le destituer pour sanctionner sa collusion avec une puissance étrangère afin de gagner les futures élections aux Etats-Unis.

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