ETATS-UNIS/IRAN : Trump (méfiant) s'attend à une riposte sanglante des Mollahs

La réplique (très) limitée de l'Iran, pour l'heure, n'exclut pas d'autres actions. Les tirs de missiles iraniens visant des soldats américains en Irak marquent une nouvelle étape dans l'affrontement entre l'Iran et les Etats-Unis et pourraient être suivis par d'autres actions. Stratégiquement et politiquement, le président américain, qui prépare sa réélection, affrontant une procédure de destitution engagée par ses rivaux démocrates, est dans une situation précaire. Son pari à pile ou face contre l'Iran pourrait lui être suicidaire car le régime de Téhéran va venger son vaillant général, et en même temps, chercher à affaiblir Trump pour qu'il quitte, définitivement, la Maison Blanche. C'est une occasion en or que Trump lui sert sur un plateau en argent car Trump aura été celui qui a fait le plus de mal à l'Iran depuis bien des décennies.

En répondant à l'assassinat du général Soleimani par des tirs de missiles revendiqués contre des bases militaires irakiennes abritant des soldats américains, l'Iran a, directement, attaqué les Etats-Unis, faisant craindre le pire pour la région. Il n'y a pas de mort mais, seulement, des dégâts matériels. Pour Téhéran, ce n'est qu'une entrée en matière car il faut s'attendre à d'autres actions allant jusqu'à la mort de hautes personnalités américaines (militaires ou civiles) de la trempe de Soleimani. Oeil pour œil, dent pour dent.

Après avoir choisi de frapper les deux bases qui avaient reçu la visite de Donald Trump en décembre 2018 (Grande Base d'Aïn al-Assad) et celle de Mike Pence en novembre 2019 (Base d'Erbil), les Mollahs risquent de ne pas en rester là. Après avoir montré à Trump qu'ils sont capables de frapper les intérêts américains partout, ils vont changer de stratégie. D'autant plus qu'ils savent que Trump en période électorale, a les mains liées. Les Mollahs vont le provoquer à fond. Trump dans un tweet n'a-t-il pas dit qu'il n'avait pas l'intention d'engager une guerre à grande échelle pour répliquer à l'attaque des deux plus grandes bases américaines en Irak ? Au Congrès, les démocrates lui ont déjà annoncé la couleur, qu'ils ne le laisseront jamais mener cette guerre inutile pour l'Amérique. Trump a donc les mains doublement liées.

Pour être efficaces et dangereux, les Iraniens pourraient réagir à froid, quand personne ne les y attend. Le Conseil national de sécurité iranien s'est réuni mardi, 7 janvier, et a identifié treize scénarios différents pour venger la mort du général et, clairement, les tirs de missiles ne constituent pas le scénario le plus important. Comme l'a dit le guide suprême mercredi matin, il s'agissait cette nuit d'une gifle, mais la "vengeance implacable viendra plus tard" (sur notre photo le président Hassan Rohani rend visite à la veuve du général après le forfait américain). Or, Khamenei n'est pas du genre à parler à la légère. Il est un monstre aussi froid que Khomeini, son illustre prédécesseur.

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