ETHIOPIE : Hailemariam Desalegn est-il atteint par la phobie du coup d'état ?

Ces accusations font suite à des mois d'affrontements entre la police et des manifestants antigouvernementaux, qui ont fait des centaines de morts et n'ont cessé qu'avec la proclamation de l'état d'urgence, en octobre, pour une durée de six mois, sur l'ensemble du pays.

Deux des opposants visés sont Jawar Mohammed, dirigeant du Oromia Media Network (OMN), un média d'opposition basé aux Etats-Unis, et Berhanu Nega, déjà, condamné à mort par la justice éthiopienne, dans le passé.

Les deux hommes vivent à l'étranger, mais, le troisième accusé, le président du Congrès fédéral oromo (OFC), Merera Gudina, a été arrêté, en décembre, et sera jugé à Addis Abeba.
"Ils ont provoqué des dégâts considérables et en portent la responsabilité", soutient Fentaw Ambaw, directeur des affaires publiques du Procureur général.

Des membres des ethnies oromo et amhara, les deux principales du pays représentant plus de 60% de la population, ont lancé, en novembre 2015, un grand mouvement de contestation du régime dirigé par le premier ministre, Hailemariam Desalegn (notre photo), sans précédent, depuis 25 ans.

Les contestataires dénoncent la domination sans partage de la coalition au pouvoir depuis 25 ans et ce qu'ils estiment être une surreprésentation de la minorité des Tigréens aux postes-clés au sein du gouvernement et des forces de sécurité.

Jawar Mohammed, qui vit aux Etats-Unis, a déclaré n'avoir reçu aucun document officiel concernant les poursuites contre lui et ne pas avoir l'intention de se rendre en Ethiopie pour comparaître devant un tribunal.
Il a nié avoir incité à manifester, disant avoir, seulement, organisé la couverture médiatique des manifestations.

"Le gouvernement était très mécontent du fait que nous avions des sources, des reporters partout dans le pays récoltant des informations et opinions au moment des faits", a-t-il expliqué.

Lors de la flambée de violences, les manifestants s'en étaient, notamment, pris à des bâtiments publics et à des usines appartenant à des capitaux étrangers. Addis Abeba étant considérée comme la capitale continentale parce que cette ville abrite le siège de l'Union africaine et toutes les organisations qui en sont l'émanation, elle est, suffisamment, cosmopolite pour accueillir, aussi, beaucoup d'investissements étrangers. S'en prendre à de tels symboles est, tout simplement, inadmissible pour le pouvoir. D'où la répression policière qui s'était abattue sur les manifestants et qui avait fait plus de 500 morts, selon des organisations de défense des droits de l'Homme.

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