FRANCE-COTE D'IVOIRE : Macron et Ouattara ont-ils oublié l'essentiel : La réconciliation nationale ?

Anciens professionnels de la banque, les deux chefs d'Etat savent parler le même langage, ce qui peut faciliter les échanges et la compréhension mutuelle. Voilà pourquoi, ils ont affiché l'entente parfaite dans le secteur de la relance économique, de la transition énergétique, de l'éducation, du financement des investissements, et aussi, de la coopération militaire et la lutte contre le terrorisme.

En 2016, un attentat revendiqué par Al-Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi) avait fait 19 morts sur la plage de Grand-Bassam, près d'Abidjan. Al-Qaïda, comme l'Etat islamique et les Frères musulmans, est financé « à très haut niveau » par le Qatar, ce que vient de dénoncer le président Donald Trump, provoquant la rupture diplomatique entre ce pays et certains pays arabes ou musulmans comme l'Arabie Saoudite, les Emirats arabes unis, Barheïn, l'Egypte, les Comores et la Mauritanie.

Comme s'ils se connaissaient depuis des lustres, les deux chefs d'Etat ont montré une grande complicité. Cela suffira-t-il à résoudre le problème essentiel que rencontre la Côte d'Ivoire, à savoir, la réconciliation nationale sans laquelle le taux de croissance continuera de baisser ? Celui-ci va passer de 9%, en moyenne, pendant les années passées, à seulement 7% en 2017. En cause, la baisse de 40% du prix du cacao sur le marché mondial, mais aussi, les mutineries, les promesses non tenues aux rebelles d'hier et aux fonctionnaires, la dette intérieure qui paralyse les PME-PMI nationales, les surfacturations, etc. Si rien n'est fait pour réconcilier les Ivoiriens, ce taux risque de diminuer, encore plus, l'année prochaine.

Le premier ministre, Amadou Gon Coulibaly, a assisté à la séance de travail élargie à l'Elysée. Il venait d'une tournée qu'il avait commencée en France, le 1er juin, et qui l'avait conduit en Allemagne, en Angleterre et aux Etats-Unis, pour sensibiliser les milieux financiers internationaux à l'eurobond que la Côte d'Ivoire va lancer avant la fin de cette année. Les besoins de financement du pays s'élèvent à plus de 2 milliards de dollars pour les trois années qui viennent. Pour poursuivre sur la lancée de son premier ministre, Alassane Ouattara s'est rendu, lui-même, ce dimanche soir, après son entrevue avec Emmanuel Macron, en Allemagne, où il va rencontrer la chancelière, Angela Merkel, en marge du Sommet du G 20.

La recherche des financements extérieurs est, donc, au centre des démarches du président ivoirien. Le seul bémol à émettre dans cette stratégie, est qu'il continue de minimiser, à tort, l'aspect Réconciliation sans laquelle les investissements qu'il cherche à réaliser d'ici trois ans, risquent de ne pas produire les effets escomptés.

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