FRANCE-G5 SAHEL : Premier voyage (casse-tête) d'Emmanuel Macron à Bamako dimanche 2 juillet

Emmanuel Macron arrivera-t-il à Bamako avec des solutions clés en main ? Au fond, voilà ce qu'on espère, secrètement, côté malien où le terrorisme a, déjà, plombé le quinquennat du président, Ibrahim Boubacar Keïta (IBK), alors qu'il espère se succéder à lui-même, à la présidentielle de l'année prochaine. De son côté, le président français n'a pas mis du temps avant de constater que la présidence de la République qu'il a cherchée de toutes ses forces, n'est pas une promenade de santé. Le creusement du déficit budgétaire en France, caché par ses prédécesseurs, avant de quitter le pouvoir, lui laisse peu de marge de manœuvre pour aider, comme il le voulait, le G5 Sahel (Mauritanie, Mali, Niger, Burkina Faso et Tchad), à un moment où Donald Trump a, clairement, fait comprendre à ses partenaires français qu'il n'était pas prêt à mettre la main à la poche pour financer cette Force, même si elle va œuvrer pour la bonne cause : l'éradication du djihadisme dans le Sahel.

A ce jour, seule l'Union européenne (UE) a promis de mettre 50 millions d'euros sur la table, soit, le dixième des besoins de cette Force qui comptera 5.000 personnes.

Ce déploiement s'ajoutera à ceux de l'opération française Barkhane, qui traque les djihadistes dans le Sahel, et de la Mission de l'ONU au Mali (Minusma).

C'est à Bamako que le président français annoncera les modalités exactes de ce soutien. Emmanuel Macron (sur notre photo à Gao le 19 mai avec IBK et les soldats français du dispositif Barkhane) compte, également, sur l'Allemagne, les Pays-Bas et la Belgique, et espère, aussi, un "soutien concret" des Etats-Unis, au niveau de leurs drones basés au Niger.

Paris se dit déterminé à faire "ce qu'il faut pour que cette force soit opérationnelle sur le terrain vers le début de l'automne", avant d'élargir les demandes de contribution au-delà de l'Europe en fin d'année ou début 2018. Bref, le financement du G 5 Sahel ne sera pas une affaire franco-africaine, le djihadisme étant une menace pour le monde entier. Encore faudrait-il que les pays liquides comme la Chine ou certaines monarchies du Golfe, acceptent de jouer le jeu qui est conduit par Paris, ce qui n'est pas gagné.

Une semaine avant ce Sommet de Bamako, le président tchadien, Idriss Déby Itno, s'est fait rappeler à son bon souvenir. Il a, clairement, fait savoir que faute de financements (immédiats), il allait rappeler, au Tchad, ses 2.000 soldats présents dans le Sahel (Mali, Niger, Burkina Faso). Traduction : Emmanuel Macron doit lui préparer son « enveloppe » s'il veut qu'il change d'avis. Le président français qui a promis de le rencontrer, en marge du Sommet de Bamako, a très bien reçu le message et sait ce qu'il faut faire pour calmer le brave général-président tchadien. Tout laisse penser que le nécessaire sera fait. Car Macron ne dispose d'aucune solution de rechange sous la main. Surtout pas venant du président algérien, Abdelaziz Bouteflika, avec qui il est en contact, depuis mercredi, 28 juin, afin de se coordonner en amont. Soupçonnée d'être une base de repli pour certains djihadistes qui organisent des attaques au Mali et au Niger, l'Algérie est loin d'être un partenaire commode, surtout, quand elle a en face d'elle, l'ancien colonisateur.

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