FRANCE-ITALIE : Exaspéré par les critiques des responsables italiens, Paris rappelle son ambassadeur à Rome en « consultations »

Le nouveau pouvoir italien (composé de racistes et de populistes) est comme le savon Omo. Il lave plus blanc que neige. Les nombreuses vérités que ses responsables politiques distillent, depuis quelques temps, sur la politique française, ont fait mouche, non seulement, en Afrique où elles ont reçu des échos plus que favorables, mais aussi, auprès du gouvernement français, lui-même, qui essaie de calmer le jeu en rappelant son ambassadeur en « consultation ». Calmer le jeu car c'est le seul moyen véritable de faire entendre raison aux turbulents responsables politiques italiens. Un pari que Paris est loin d'avoir gagné car l'enjeu est ailleurs : faire un bon score lors des élections européennes dans quelques mois.

La polémique est née de la bouche du vice-premier ministre italien, Luigi Di Maio, du Mouvement 5 étoiles (sur notre photo avec Emmanuel Macron). Le 20 janvier, il a déclaré à propos des migrants : « A partir d'aujourd'hui, ceux qui veulent débarquer en Italie, on va les emmener à Marseille. Je vais demander des sanctions contre tous les pays qui colonisent l'Afrique. La France imprime le F CFA dans les colonies pour financer une partie de sa dette. Pour laisser les Africains en Afrique, il suffit que les Français restent chez eux (en France) » (fin de citation).

Cette déclaration a été suivie par d'autres déclarations d'autres hommes politiques italiens, qui allaient, toutes, dans le même sens. A l'heure où le F CFA comme monnaie utilisée dans les 14 pays africains, est en train de faire l'objet d'un rejet total de la part de certaines populations qui la considèrent comme une sous-monnaie coloniale qui ne fait qu'aliéner économiquement les 14 pays concernés, les déclarations du nouveau pouvoir italien (non conformiste) ne pouvaient que produire un grand écho en Afrique. On peut dès lors imaginer la constitution de passerelles entre Africains et Italiens sur cette question du F CFA, ce qui est de nature à, profondément, irriter les autorités françaises.

Car militer pour l'abandon du F CFA (sous tutelle du trésor français) en faveur de la création d'une monnaie de remplacement authentiquement africaine, réduirait beaucoup de marges de manœuvres de la France en tant que 5e puissance mondiale, membre permanent du Conseil de sécurité. Paris ne peut, donc, pas voir d'un bon œil, une telle ingérence dans son pré-carré qui lui permet de limiter ses gros déficits.

Elle a, donc, rappelé son ambassadeur en Italie pour "des consultations" après une série de "déclarations outrancières" et "d'attaques" sans "précédent" de responsables italiens, a annoncé ce jeudi, 7 février, le ministère français des Affaires étrangères.

"La France a fait, depuis plusieurs mois, l'objet d’accusations répétées, d’attaques sans fondement, de déclarations outrancières que chacun connaît et peut avoir à l’esprit", a poursuivi la porte-parole du Quai d'Orsay dans un communiqué.

"Cela n’a pas de précédent, depuis la fin de la guerre (…). Les dernières ingérences constituent une provocation supplémentaire et inacceptable", a ajouté Agnès von der Mühll.

La rencontre, mardi, 5 février, en France, du vice-premier ministre italien, Luigi Di Maio, chef de file du Mouvement 5 étoiles (M5S, antisystème), avec des "Gilets Jaunes", mobilisés depuis plusieurs semaines contre le président, Emmanuel Macron, a fait déborder le vase.

Luigi Di Maio a annoncé sur les réseaux sociaux avoir rencontré des responsables des "Gilets Jaunes", en concluant : "Le vent du changement a franchi les Alpes. Je répète : Le vent du changement a franchi les Alpes".

Cette rencontre a fait suite à une série de propos d'une rare violence de M. Di Maio comme du ministre de l'Intérieur, Matteo Salvini, patron de l'extrême droite italienne, à l'encontre de l'exécutif français.

Matteo Salvini, patron de la Ligue et homme fort du gouvernement italien, a, ainsi, dit espérer que le peuple français se libère, bientôt, d'un "très mauvais président", des propos, totalement, inédits entre responsables de pays fondateurs de l'UE.

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