FRANCE : Nicolas Sarkozy renvoyé devant le tribunal dans l'Affaire Bygmalion

L'ancien chef de l'Etat, Nicolas Sarkozy (sur notre photo en campagne pendant la présidentielle de 2012), est renvoyé en procès pour financement illégal de campagne électorale, le juge lui reprochant d'avoir dépassé, sciemment, le plafond des dépenses électorales, alors fixé à 22,5 millions d'euros. Voici les grandes étapes de ce long feuilleton politico-judiciaire :

1 - En 2012, Sarkozy multiplie les meetings grandioses

Lorsque Nicolas Sarkozy se déclare candidat, en février 2012, il ne lui reste que trois mois pour combler son immense retard dans les sondages. Il choisit alors de mener une campagne tambour battant, avec pas moins de 44 meetings, dont certains grandioses, comme ceux de Villepinte (Seine-Saint-Denis), de la Concorde ou du Trocadéro à Paris.

2 - Les dépenses de la campagne s'envolent

Ces grand-messes ont un coût. Les factures de l'entreprise d'événementiel chargée de les organiser – une filiale de l'agence Bygmalion – s'accumulent. L'équipe de campagne de Nicolas Sarkozy constate alors que les comptes de campagne sont en train de déraper.

3 - Un système pour cacher ces dérapages est alors imaginé, mais Sarkozy n'y serait pour rien...

Les dépenses de campagne dérapent. Problème : légalement, un candidat à la présidentielle n'a pas le droit de dépenser plus de 22 millions d'euros. Certains cadres de l'UMP, de l'équipe de campagne de Nicolas Sarkozy, et de la société Bygmalion, s'accordent alors pour mettre au point un système de fausses factures pour faire supporter le surplus au parti, et non au candidat.
Lorsque l'affaire éclate dans la presse, deux ans, plus tard, Nicolas Sarkozy jure qu'il n'était pas au courant de ce petit arrangement, voire, qu'il n'y a jamais eu de dépassement.

4 - Jean-François Copé non plus

Le secrétaire général de l'UMP est alors en première ligne, sommé de s'expliquer. Jean-François Copé l'assure : lui non plus n'a été tenu au courant de rien. 

5 - Mais la presse fait de nouvelles révélations

Chaque jour ou presque apporte son lot de révélations. La position de Jean-François Copé, et celle de son directeur de cabinet, Jérôme Lavrilleux, apparaît de plus en plus fragilisée.

6 - Jérôme Lavrilleux, en larmes, passe aux aveux

Après de nouvelles révélations, le 26 mai 2014, Jérôme Lavrilleux — à la fois plus proche collaborateur de Jean-François Copé, et directeur-adjoint de la campagne présidentielle de Nicolas Sarkozy — avoue sur BFMTV, la gorge nouée, qu'il y a eu un "dérapage" durant la campagne de 2012. Et reconnaît, aussi, la mise en place d'un système illicite. "Des factures présentées à l'UMP correspondaient à des dépenses faites pour la campagne", assure-t-il.

7 - Copé doit démissionner de l'UMP

Après les aveux de son bras-droit, Jean-François Copé ne peut faire autrement que démissionner de la tête de l'UMP. Mais l'intéressé persiste : il ne savait rien de cette affaire avant que la presse n'en parle.

8 - Et c'est Sarkozy qui revient aux affaires

Le départ de Jean-François Copé donne l'occasion à Nicolas Sarkozy de revenir sur le devant de la scène politique. L'ex-chef de l'Etat se fait élire, en décembre 2014, à la tête de son parti.

9 - Mais un an plus tard, il est mis en examen...

Ironie du sort : Jean-François Copé, qui a payé un lourd tribut politique, n'a pas été mis en examen lors de son récent passage devant le juge d'instruction, bénéficiant du statut de témoin assisté. A la différence de son successeur, Nicolas Sarkozy, qui a été mis en examen, en février 2016, pour financement illégal de campagne électorale.

10 - Avant d'être renvoyé en correctionnelle

Le parquet de Paris a demandé, début septembre 2016, la tenue d'un procès et le renvoi de Nicolas Sarkozy, ainsi que, des 13 autres mis en examen. Leurs avocats ont formé des recours, mais, tous ont été rejetés par la Cour d'appel de Paris, le 15 décembre 2016. Quelques semaines plus tard, le juge, Serge Tournaire, a, donc, ordonné le renvoi en procès de l'ex-président de la République et de treize autres protagonistes dans l'enquête. Mais, le deuxième juge saisi, Renaud Van Ruymbeke, ne l'a pas suivi, ce qui donne aux avocats de Nicolas Sarkozy la possibilité de faire appel, ce qui est, normalement, impossible. 

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