FRANCE : Quand Macron prend la voie d'un seul et unique mandat comme Hollande et Sarkozy

Les signaux d’un décrochage définitif s’accumulent pour le jeune président. Un peu à la façon d’un François Hollande, Emmanuel Macron se retrouve peu à peu lâché de toutes parts : sondages, opinion publique, partenaires sociaux, et même députés de la majorité : en trois ans, il a perdu 14 députés sur les 314 que comptait son parti, La République en Marche (LAREM). Sa majorité n'est pas encore en danger car il faut 289 députés pour faire passer un texte sans quémander les voix ailleurs. Mais, au rythme où les défections se font (trois départs rien que ces dix derniers jours), il y a lieu de craindre. Aujourd'hui, le jeune président tombe à moins de 25 % d’opinions favorables dans les sondages, comme François Hollande après trois ans de présidence. La défiance envers l'actuel locataire de l'Elysée est quasi unanime. Par rapport à son prédécesseur, elle se double d’une haine tenace, féroce. Car contrairement à Hollande, les Français se persuadent, massivement, d’une quadruple imposture. En effet, Macron, pour devenir président de la République, leur a menti. Il s'est présenté dans la peau d'une personne qu'il n'est pas. En colère, fortement, contre lui (on n'a qu'à voir les Gilets Jaunes et la multiplication des grèves dans tous les secteurs y compris chez les policiers), les Français vont le lui faire payer très (très) cher en avril-mai 2022.

Ancien banquier d'affaire, le jeune président est de plus en plus perçu comme le fondé de pouvoir d’intérêts financiers internationaux, prêt à brader la France et son patrimoine aux amis qui l’ont soutenu dans sa conquête du pouvoir.

Macron semble, plus que tous les autres présidents, totalement, coupé des Français, sans empathie ni bienveillance, cassant, méprisant envers un peuple qu’il ne connaît pas. Les autres avaient, au moins, le mérite de connaître l’électorat, à travers les mandats électifs qu’ils avaient exercés.

Les manipulations courantes dont Macron et sa bande usent et abusent sont désormais connues, vues, entendues, décryptées. Elles ne trompent plus personne, qu’il s’agisse des chiffres économiques biaisés, des adversaires diffamés, de la justice instrumentalisée, des informations soigneusement cachées ou mises en avant, suivant les intérêts de l'Elysée.

Face à la déroute qui se profile à l'horizon, le gouvernement se borne à de nouveaux expédients pour camoufler les résultats des municipales, avec la circulaire – retoquée par le Conseil d’Etat – de Christophe Castaner, son ministre de l'Intérieur, pour extraire des résultats nationaux les communes de moins de 9.000 habitants, où LREM est, encore, plus à la peine qu’ailleurs. La future déroute de Paris où les deux macronistes, Benjamin Griveaux et Cédric Villani, se cognent, copieusement, les têtes malgré un arbitrage de Macron que personne n'écoute plus, est le symbole de ce qui va arriver à la majorité en 2022. Si le chef de l'Etat n'est même plus capable de taper du poing sur la table et se faire obéir dans son propre parti qu'il a créé, il y a cinq ans, avec quelle autorité s'adresserait-il aux banlieues et à la France (en colère) qui veut tout casser ? La fin de son mandat ne va-t-elle pas être pire que celle de François Hollande ?

Dès lors, au moins, deux questions se posent :

A quoi serviront les deux ans qui restent de ce calamiteux mandat ? Comment, donc, Macron peut-il poursuivre son train de réformes qui, de la taxe carbone à la loi sur les retraites, se terminent inévitablement en eau de boudin, dans l’agitation, le rejet, la haine (sur notre photo les Gilets Jaunes interdits de manifestation dans le périmètre de l'Elysée) ?

Pourra-t-il se représenter ? Et s’il décide de le faire, pourra-t-il conduire une campagne sereine, normale, lui qui ne peut plus sortir de son palais qu’entouré d’une armée de gardes du corps, d’agents de sécurité et de policiers ?

A moins de bénéficier de l'onction du pape François (encore faudrait-il qu'il soit un catholique pratiquant ce qu'il n'est pas), on ne voit pas comment il pourra remonter un courant aussi hostile et furieux en moins de deux ans, malgré son volontarisme et son acharnement.

Ajouter un commentaire

Les plus populaires