FRANCE/COMORES : Tête à tête ce matin entre François Hollande et Azali Assoumani

C'est la première rencontre du genre depuis l'accession au pouvoir, fin mai, du président, Azali Assoumani. Arrivé, hier, à Roissy CDG, à 7h00 du matin (5h00 GMT), à l'invitation de son homologue français, François Hollande, pour une visite du 3 au 9 octobre, le président, Azali Assoumani, s'est entretenu, ce mardi, 4 octobre, avec le chef de l'Elysée (notre photo).

Les relations entre les deux pays sont au beau fixe bien que la question de Mayotte constitue une épine dans le pied des deux partenaires. Mais cette épine ne les empêche, nullement, de marcher main dans la main. Comme deux vieux complices. Pendant ce séjour, en France, le président comorien est à la tête d'une forte délégation qui comprend plusieurs ministres dont ceux des Affaires étrangères et de l'Intérieur, ce qui montre la densité des dossiers à traiter.

Dans un communiqué, l'Elysée a mis l'accent sur les questions de santé, d'accès à l'eau potable, à l'éducation pour tous, à la préservation de l'environnement et à la production des énergies renouvelables, qui seront au centre de la coopération bilatérale. Des orientations qui vont être, rapidement, mises en œuvre sous la supervision, côté français, de Xavier Darcos et de Jean Jack Queyranne, respectivement, anciens ministres de la Coopération (gouvernement de Jacques Chirac) et de l'Outre-Mer (gouvernement de Lionel Jospin).

La question de Mayotte ne pouvait pas ne pas s'inviter dans les débats entre les deux hommes d'Etat. Mais, entre personnes intelligentes, point d'éclat de voix. François Hollande a pris bonne note du souhait (légitime) de son homologue qui demande le retour de Mayotte dans la mère patrie (L'archipel des Comores). Il s'agit ni plus ni moins d'un problème de décolonisation. Le droit de l'archipel des Comores à disposer de lui-même, est un principe du droit international reconnu par toutes les conventions des Nations-Unies auxquelles la France et les Comores sont, fermement, attachés. Inutile d'en parler, donc, à haute voix. L'essentiel, c'est que le problème qui avait, déjà, été posé à Jacques Chirac, en 2005, le soit, à nouveau, à François Hollande. Le processus va suivre son cours. Sans passion de part et d'autre.

La visite du président, Azali Assoumani, se passe dans de très bonnes conditions. Son élection à la magistrature suprême a été, fortement, saluée, ce matin, par François Hollande, qui lui a dit avoir suivi le combat âpre que le candidat, Azali Assoumani, avait mené auprès de la Cour constitutionnelle, pour avoir, finalement, gain de cause, alors que la Commission électorale, au départ, l'avait déclaré vainqueur. Son respect pour le président qu'il avait en face n'en était que plus grand, à une période où on a l'impression que certains dirigeants africains n'acceptent la démocratie que s'ils ne perdent pas les élections.

C'est le 9 octobre que la visite officielle prendra fin. Au regard de sa durée, elle sera l'une des meilleures du quinquennat du président Azali Assoumani.

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