GABON : L'Opération Scorpion d'Ali Bongo Ondimba fait (déjà) de sérieux dégâts

En l'espace de quelques jours, la plupart des amis de Brice Laccruche Alihanga, ancien directeur de Cabinet du président du Gabon, qu'on pensait intouchable, sont en prison pour cause de détournements de fonds publics. C'est dire que l'histoire, au Gabon, peut s'écrire à toute vitesse, quand il y a une volonté politique. Et ici, le chef de l'Etat, Ali Bongo Ondimba, est hors de lui de voir sa confiance ainsi trahie, par un ancien proche parmi les plus proches.

Ils étaient tout puissants, les amis de Laccruche, et ne se prenaient pas pour rien. A voir parfois leurs airs de « nouveaux quelqu'uns », on se demandait s'ils travaillaient pour le succès du président de la République ou pour eux-mêmes ? Cette question, on ne se la pose plus, Ali Bongo Ondimba les ayant surpris en limogeant l'homme qui du reste se montrait plus puissant que lui le président et le premier ministre. Il s'agit de Brice Laccruche Alihanga, son fameux directeur de cabinet.

Cela dit, il aura quand même fallu jusqu'à deux ans, pour qu'on arrête la machine Laccruche qui tournait à plein régime avec des détournements de fonds publics de plus en plus massifs. Le Gabon étant un pays de verre (c'est-à-dire transparent) comme l'affirmait le patriarche, « Radio Nzeng Ayong » faisait, déjà, état du niveau de vie de ces nouveaux riches, qui ne se cachaient plus, n'ayant d'ailleurs peur de personne. Une première estimation, à la suite du limogeage de Laccruche, fait état de 500 milliards de F CFA (1 milliard de dollars) détournés en quelques mois. On ne sera pas loin de ce compte, les arrestations s'enchaînant et les sommes d'argent supposées détournées, prenant l'ascenseur au fil des enquêtes.

Personne ne pensait que le président du Gabon, Ali Bongo Ondimba, pouvait se séparer de son directeur de cabinet. Il l'a fait, ce qui le crédibilise aux yeux de certains de ses adversaires. Reste maintenant que l'argent détourné revienne dans les caisses du Trésor Public. Sinon, les mis en cause partis à « Sans Famille » (Prison de Libreville) pèseront encore lourd sur le budget de l'Etat, c'est-à-dire, sur les Gabonais (sur notre photo, Brice Laccruche Alihanga resté très stoïque, malgré le ciel qui lui tombe sur la tête, aux côtés des collègues du gouvernement, lors d'une cérémonie officielle, le 26 novembre, à Libreville).

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