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GABON : Le 10e anniversaire du décès du patriarche Ondimba annonciateur d'un virage à 180° de la gouvernance de son successeur

Que le temps passe vite. C'est hier que l'Afrique pleurait le deuxième président du Gabon, le patriarche, El Hadj Omar Bongo Ondimba, disparu, sans l'annoncer, à la clinique Quiron, à Barcelone, un certain 8 juin 2009. Ce mauvais jour pour les Gabonais et les Gabonaises (et les amis du Gabon) qui aimaient, véritablement, leur président, a continué à troubler leurs nuits de sommeil alors même que la gouvernance du pays changeait de main. Dix ans après, le bilan n'est pas reluisant. Mais, il faut s'empresser de dire qu'il y a de l'espoir : les prédateurs du Gabon sont partis. Le pays est, aujourd'hui, entre les mains de ses véritables fils et filles. Soutenu par sa tendre épouse, Ali Bongo Ondimba a pris la mesure de ses erreurs passées, erreurs pardonnées par ses compatriotes sauf les revanchards : Il met, désormais, le cap sur une gouvernance moderne à l'image de l'homme d'Etat où le centre d'intérêt sera le Gabon. Rien ne sera plus comme avant.

Ali Bongo Ondimba a mis un grand événement dans l'autre. Il a profité de la commémoration du 10e anniversaire du décès de son regretté papa, le patriarche Ondimba, pour annoncer l'amorce d'un virage à 180° de sa gouvernance. Sont venus l'assister à cette cérémonie commémorative dont sa grande sœur, Pascaline Mferri Bongo Ondimba, était l'ordonnatrice principale pour le compte de la grande famille Bongo Ondimba, les présidents, congolais, Denis Sassou-Nguesso (dont les liens avec le défunt étaient familiaux), équato-guinéen, Teodoro Obiang Nguema Mbasogo, (qui est le voisin le plus proche), malien, Ibrahim Boubacar Keïta (qui venait régulièrement se ressourcer et prendre des conseils auprès du défunt) et togolais, Faure Gnassingbé, en provenance de Londres où il a présenté son PND (Programme national de développement) aux investisseurs de la City. Il tenait, fortement, à assister son frère Ali (dont il partage la même histoire politique), bien qu'il lui ait, déjà, rendu visite, le 7 mai dernier, quelques semaines après la fin de sa convalescence au Maroc.

« Aujourd’hui, il faut aller plus loin, plus vite, plus fort ! », a d'emblée annoncé le président, en indiquant la méthode à suivre, dans un discours à la nation : « Des choix décisifs s’imposent, qui nécessitent d’analyser et d’évaluer non seulement le chemin parcouru, mais aussi, nos modes de fonctionnement et les faiblesses de notre système ». Par exemple, « Il est capital pour notre Nation d’en finir, une fois pour toutes, avec la corruption qui gangrène nos institutions. Il est capital d’en finir avec la mauvaise gestion, la mauvaise gouvernance, qui nous empêchent d’avancer et nous interdisent de récolter les fruits des efforts colossaux et multiformes que l’Etat a consentis ». Des faits illustrent les dires du président : les hôpitaux de dernière génération construits pour permettre à la population d’avoir accès à des soins de qualité, dans le respect de la dignité humaine, sont pratiquement hors d'usage. A qui la faute ? Certainement pas au président de la République.

On peut, également, s’interroger sur l’état actuel des établissements scolaires construits ou rénovés pour offrir aux enfants et jeunes gabonais un environnement sain et de qualité pour de meilleurs apprentissages. Les voir, aujourd'hui, fait couler les larmes. A qui la faute ? Certainement pas au président de la République.

« Les exemples sont multiples. Partout c’est la même gabegie, la même négligence, le manque de civisme et de promotion du vivre ensemble », a asséné Ali Bongo Ondimba. Une vérité vraie que personne ne contestera dans l'opposition, plutôt, partisane du pourrissement des choses comme si elle voulait hériter, un jour, d'un Gabon en lambeaux.

Voilà pourquoi le futur « gouvernement restreint » aura des missions spéciales : « Intensifier les réformes amorcées en 2018, celles de l’Etat et de nos finances publiques. Accélérer la réforme de l’éducation afin de favoriser une meilleure insertion professionnelle. Diversifier les modèles économiques pour favoriser la création d’emplois, toujours plus nombreux et de qualité. Une absolue priorité car le chômage, l’oisiveté, l’absence de perspectives d’avenir sont un fléau, une gangrène, un poison qui mine toute société. Conforter notre modèle social, en le rendant plus sain et plus équitable. Préserver notre environnement pour léguer à nos enfants une terre vivable et respirable. Moderniser notre gouvernance et inscrire au coeur de nos pratiques l’obligation de rendre compte. Rendre compte de nos actes, de nos choix, de nos résultats », a annoncé le président. Avant d'indiquer que « La transformation doit s’intensifier à tous les niveaux pour donner véritablement corps à l’égalité des chances et créer des opportunités, afin que chacun puisse avoir la possibilité de réussir, sans être entravé par des pratiques politiciennes ».

Il ne s'agit pas que des mots. Ali Bongo Ondimba avertit qu'il sera intransigeant : La valorisation de la notion d'éthique, « C’est le préalable à toute entreprise de transformation de notre Nation. Ceux qui se mettent en travers de cette voie sont prévenus : ils seront sèchement écartés ».

Le président n'a pas hésité à se remettre lui-même en question : « Dans le même mouvement, notre gouvernance doit, elle aussi, être réformée, modernisée pour être adaptée aux exigences de notre époque. Aussi, ai-je demandé au premier ministre de former un nouveau gouvernement plus restreint, constitué d’hommes et de femmes qui vivent la chose publique comme un sacerdoce, prêts à donner la priorité à l’intérêt général, et capables de faire preuve d’exemplarité, de probité, d’éthique ».

Le Gabon commence à être, progressivement, apaisé. On est loin des tumultes de l'avant et de l'après-présidentielle de 2016. Les prédateurs de la présidence ne sont plus là. Eux qui faisaient la pluie et le beau temps. Et qui rendaient les Gabonais et les Gabonaises en colère. Voilà pourquoi le pays s'apaise et prend la voie du pardon et de la réconciliation. On ne peut qu'être content pour ce pays qu'on aime tant. Reste maintenant à choisir ceux qui seront en charge de mettre en œuvre les nouvelles prescriptions présidentielles. Il faudra ne pas avoir peur de trancher dans le vif. Car dans le gouvernement agonisant actuel, les deux-tiers, au moins, des ministres sont des branches mortes. A couper « sèchement ».

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