GABON : Le 14 mars 2009, le patriarche perdait son épouse bien aimée Dr Edith Lucie Ondimba

Ce mauvais jour du 14 mars, beaucoup (beaucoup) de personnes pleurent l'ancienne première dame du Gabon, Dr Edith Lucie Ondimba. On la pleure beaucoup au Gabon où son souvenir est (restera) inoubliable. On la pleure, aussi, au Congo-Brazzaville, le pays de sa tendre et belle jeunesse, qui lui permit de devenir docteur en médecine avec comme spécialité la pédiatrie. Ce n'est pas tout : on la pleure aussi et, sincèrement, au sein du magazine Afrique Education, ce magazine qu'elle avait appris à lire, régulièrement, voluptueusement, auprès de son distingué époux, le patriarche !

L'ancienne première dame décéda, comme, aujourd'hui, samedi, 14 mars 2009, à 16 h 20 GMT, à Rabat, au Maroc. Elle n'avait que 45 ans. C'est-à-dire très très jeune. Le patriarche avait tout fait, tout ce qui pouvait être possible, pour que la mort n'ait pas raison de sa femme. Car, nous qui approchions le patriarche savions que son épouse, Edith Lucie, était la personne qu'il aimait le plus au monde. Après son cher Gabon (éternel) ! J'affirme que le patriarche avait exploré toutes les voies possibles de guérison pour sa très chère épouse, envisageant même les pistes les plus lointaines : l'Inde, par exemple.

L'ancienne première dame, malgré tout ce qu'on peut dire de méchant à Brazzaville ou à Libreville sur elle, avait une constante : l'amour pour son beau pays, le Gabon. Malgré son caractère bien trempé car elle ne se laissait pas faire, elle aimait, foncièrement, sincèrement, le Gabon et les Gabonais. Elle l'avait prouvé à maintes reprises. Sans être obligée, elle avait créé la Fondation Horizons Nouveaux (dont on ne parle pratiquement plus aujourd'hui) pour s'occuper des cas sociaux gabonais ; sa fondation a, d'ailleurs, permis la création d'autres fondations du même type, dans la sous-région, où le Gabon, de manière générale, servait de modèle. La première dame avait, aussi, créé la Polyclinique, El Rapha. Elle-même médecin de formation, avait mis un point d'honneur dans le recrutement des personnels médicaux de haut niveau étrangers. Conséquence : à Libreville, du temps du patriarche, quand on ne se sentait pas bien, où on allait à El Rapha ( « chez Maman Edith »), où on courait à l'hôpital des armées, conçu avec le concours de la coopération japonaise par l'ancien ministre de la Défense et actuel chef de l'Etat, Ali Bongo Ondimba.

Terminons par un souvenir rigoureusement personnel : lors d'une interview parue dans la première quinzaine de juin 2001 à Afrique Education accordée par le patriarche, je lui posai la question de savoir si les premières dames ne pouvaient pas être mieux utilisées aux côtés de leurs époux quand elles les accompagnent à des Sommets convoqués par l'Union africaine (UA). Cette interview eut lieu en marge d'un Sommet convoqué par son épouse, à Libreville, le 18 mai 2001, sur les questions ayant trait au sida et à la paix en Afrique. A cette question, le patriarche, après avoir marqué un temps d'arrêt comme s'il réfléchissait, répondit : « ...Nous allons suivre votre idée... », avait-il lâché de mémoire (lire son interview dans Afrique Education du 1er au 15 juin 2001). Le Sommet de l'UA se tenait début juillet 2001 à Lusaka, en Zambie. Au sortir de celui-ci, l'OPDAS (Organisation des premières dames d'Afrique contre le Vih/sida) fut créée avec un statut d'organe consultatif de l'UA. Le patriarche avait respecté ce qu'il avait déclaré dans son interview.

Et surtout, l'OPDAS désigna comme présidente, Dr Edith Lucie Ondimba, à Genève, en 2002, quand cette organisation fut, concrètement, dotée d'un statut et de moyens de fonctionner. Cette conférence de démarrage fut co-présidée à Genève, en 2002, par les premières dame de Zambie, Maureen Mwanawasa et Simone Gbagbo (qui avait participé au Sommet de mai 2001 qu'avait organisé à Libreville la première dame du Gabon pour réfléchir aux questions sur la sida). Après avoir mis l'OPDAS sur les rails, Dr Edith Lucie Ondimba transmit le témoin en 2004 à sa sœur du Rwanda, Janet Kagame.

Parti pour l'éternité en 2009, elle n'a plus pu suivre l'évolution de son bébé (l'OPDAS), qui fonctionne toujours mais plus avec le même dynamisme d'antan.

L'ancienne première dame comptait énormément pour le patriarche. Beaucoup beaucoup beaucoup... La preuve est qu'il est décédé en juin de la même année, soit, trois mois seulement après la mort de sa femme, laissant le Gabon dans un désarroi terrible. Mais, aussi, le Congo-Brazzaville où le président, Denis Sassou-Nguesso, père de la défunte première dame du Gabon, est resté inconsolable, jusqu'à ce jour.

Que la terre soit légère à la première dame Edith Lucie et au patriarche que nous aimions tant.

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