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GABON : Quand la maladie d'Ali Bongo Ondimba réanime trois cadavres politiques

Guy Nzouba Ndama, Alexandre Barro Chambrier et Zacharie Myboto semblent reprendre des couleurs. Grâce à la convalescence prolongée du chef de l'Etat, Ali Bongo Ondimba, au Maroc. Ils ne font pas leur sortie politique pour solliciter l'aide du Seigneur Dieu afin que le président de la République rentre, le plus rapidement, retrouver ses fonctions au Palais du Bord de Mer, mais, pour actionner le levier de la vacance du pouvoir selon l'article 13 de la constitution, puisque, dans les courriers qu'ils ont fait parvenir, le 21 décembre, au premier ministre chef du gouvernement, Franck Emmanuel Issoze Ngondet, et à la présidente de la Cour constitutionnelle, Marie Madeleine Mborantsouo, avec ampliation à la présidente du Sénat, Lucie Milebou Aubusson épouse Mboussou, il est indiqué l'atteinte des 60 jours d'absence du président qui devrait déclencher la procédure de la vacance du pouvoir. Le trio en question sollicite, aussi, la désignation d'un collège de médecins pour évaluer l'état de forme générale du président de la République, ainsi que, sa capacité à assurer ses fonctions.

Guy Nzouba Ndama, Alexandre Barro Chambrier et Zacharie Myboto, viennent de prendre pour prétexte la maladie d'Ali Bongo Ondimba, pour parler d'eux. Ils commençaient, déjà, à disparaître de la mémoire collective des Gabonais. Après avoir présidé l'Assemblée nationale du Gabon, pendant une bonne vingtaine d'années, et pensé, en avril 2016 que son heure de gloire avait sonné, Guy Nzouba Ndama avait démissionné avec fracas pour faire acte de candidature à la présidentielle d'août 2016, convaincu que les deux tiers, au moins, des députés PDG de l'Assemblée nationale, allaient le suivre. Manque de vision politique : à peine le dixième l'avait suivi, et pire des scenarii, Nzouba avait fini par jeter l'éponge pour, honteusement, s'aligner derrière Jean Ping, financé par le président congolais, Denis Sassou-Nguesso, pour qui Ali Bongo Ondimba est un empêcheur de tourner (la sous-région) en rond. Candidat à la députation, il y a quelques mois, Guy Nzouba Ndama (tout ancien président de l'Assemblée nationale qu'il fut), a, lamentablement, échoué à se faire réélire sous l'étique de son nouveau parti, les Démocrates, qu'il préside. Mis dans la rubrique « Pertes et Charges » du bilan gabonais, il se réveille, aujourd'hui, pour faire parler de lui, pensant nuire à la (paisible) convalescence d'Ali Bongo Ondimba chez son frère, le roi Mohammed VI. Nzouba ferait mieux de prendre sa retraite politique.

Alexandre Barro Chambier a, lui aussi, été, platement, battu à la députation à Libreville. Il aspire à un destin national alors qu'il n'arrive pas à briguer une petite circonscription de la capitale gabonaise. C'est l'histoire de la grenouille qui voulait devenir aussi grosse que le boeuf. Pourtant, Alexandre Barro Chambrier est un brillant technocrate qui a sa place d'économiste chevronné aux côtés du « distingué camarade président ». Ce qui veut dire qu'il est temps que son parti  « Héritage et Modernité » rentre au bercail. Le fait même de s'allier avec deux vieux crocodiles de la politique dont les crocs ne mordent plus, montre qu'il fait fausse route. Il est donc temps qu'il se reprenne pour se mettre au service du redressement économique de son pays. Il peut aider à la mise en œuvre des réformes négociées avec le FMI.

Reste le troisième signataire, un véritable professionnel de la politique politicienne, Zacharie Myboto. Depuis son départ du PDG, le « Boa de Mounana » n'attrape plus de cabris. Conscient de son impopularité, il ne s'est pas même pas présenté à la députation dans le Haut Ogooué. Politiquement affamé comme jamais, il a dû parrainer, en 2016, une alliance politique contre-nature, avec Jean Ping à sa tête, sous la supervision du dictateur de Brazzaville, juste pour évincer Ali Bongo Ondimba du pouvoir, au nom de la haine qu'il continue de vouer à son père, feu le patriarche, qu'il accuse de tous les maux d'Israël.

C'est ce conglomérat composé d'un aveugle, d'un sourd et d'un paralytique, qui veut régler son compte à Ali Bongo Ondimba. Le chef de l'Etat étant, désormais, hors de tout danger, les Gabonais leur répondent : « Ils n'ont qu'à rêver ».

Le Gabon n'invente pas le fil à couper le beurre. Qu'on se souvienne que le général-président mauritanien, Mohamed Ould Abdel Aziz, avait séjourné plusieurs mois, au Val de Grâce, à Paris, après avoir été atteint par des balles d'un de ses gardes, sans que la classe politique nationale en fasse un problème constitutionnel.

En Algérie, Abdelaziz Bouteflika continue de gérer le pays, de sa chaise roulante d'où il se prépare à faire campagne pour se succéder à lui-même en mai 2019, pour un autre mandat de cinq ans, qu'il obtiendra comme une lettre à la poste. L'Algérie, aujourd'hui, tout comme la Mauritanie, hier, est-elle mal dirigée comme quel autre pays africain ? Il faut, donc, que Guy Nzouba Ndama, Alexandre Barro Chambrier et Zacharie Myboto, se calment. Mieux, s'ils sont de fervents croyants, qu'ils prient pour un retour rapide de leur chef d'Etat bien aimé au pays.

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