GAMBIE : Yahya Jammeh négocie son départ et une retraite sans poursuites judiciaires

Après de multiples tentatives pour le faire changer d'avis, les présidents guinéen, Alpha Condé, et, mauritanien, Mohamed Ould Abdel Aziz (notre photo), se sont rendus, vendredi, 20 janvier, à Banjul, pour une dernière médiation, qui semblait vendredi soir, proche d'aboutir.

"Apparemment, les choses sont quasiment réglées. Jammeh a accepté de quitter le pouvoir. Les tractations tournent autour d'un point de chute pour son exil et des conditions qui doivent accompagner cet exil", a indiqué une source mauritanienne proche du dossier.

Selon une source guinéenne proche du dossier, "il faut trouver un pays suffisamment loin de la Gambie pour empêcher Yahya Jammeh d'interférer dans le processus démocratique en cours dans son pays".
"Mais il faut être prudent jusqu'à demain" samedi, a souligné cette source.

Les trois hommes ont eu plusieurs séries d'entretiens, avant et après la grande prière du vendredi, un rite qu'ils ont accompli ensemble.
Contrairement, à la Mauritanie, République islamique comme la Gambie - depuis une proclamation surprise de M. Jammeh en 2015 - la Guinée appartient à la CEDEAO, dont plusieurs pays ont fait entrer, jeudi, leurs troupes en territoire gambien, pour forcer au départ M. Jammeh.

Cette opération baptisée "Restaurer la démocratie" a été lancée peu après la « prestation de serment » d'Adama Barrow à l'ambassade gambienne, à Dakar, la capitale sénégalaise, où il est accueilli, depuis le 15 janvier, à la demande de la CEDEAO.

L'opération militaire a été suspendue pour permettre la "dernière médiation" conduite par les présidents guinéen et mauritanien et la CEDEAO, avait fixé un ultimatum jusqu'à vendredi à midi (heure locale et GMT), dépassé de facto.

"C'est la CEDEAO qui prendrait la décision" d'une reprise des opérations, a, simplement, expliqué le porte-parole de l'armée sénégalaise, le colonel, Abdoul Ndiaye.
Selon une source diplomatique au fait des discussions, les troupes ouest-africaines resteront sur place jusqu'au départ de Yahya Jammeh.

C'est la deuxième fois, cette semaine, que le président mauritanien se rend, à Banjul, pour tenter de trouver une issue à la crise en Gambie.
Lors de la précédente visite, "le président Jammeh m'avait donné son accord pour renoncer au pouvoir pour l'intérêt de son pays et du peuple gambien. Les choses se sont précipitées par la suite", a déclaré M. Ould Abdel Aziz, à Nouakchott, avant son départ.

L'envoyé spécial de l'ONU en Afrique de l'Ouest, Mohamed Ibn Chambas, était, également, à Banjul, pour appuyer les efforts de médiation, selon des sources diplomatiques.
Concernant l'offre d'exil, des sources politiques ont, notamment, évoqué une offre d'asile en Guinée ou au Maroc - l'ex-première dame, Zineb Jammeh, est de mère marocaine et de père guinéen, et Rabat s'est, aussi, impliqué dans la recherche d'une solution. Ont, aussi, été cités comme possibles pays d'accueil la Mauritanie, le Qatar et la Guinée équatoriale.

La capitale gambienne était déserte vendredi dans l'attente du dénouement de cette crise.
Le chef d'état-major de l'armée, le général, Ousman Badjie, longtemps, considéré comme un pilier du régime, a fait allégeance, vendredi, au président Barrow, de même que le chef de la police, Yankuba Sonko, et celui des douanes, Momat Cham, a indiqué une source gouvernementale. Mais, tout ceci reste à confirmer par les personnes elles-mêmes concernées.

Le général Badjie aurait, également, écarté les risques d'effusion de sang, déclarant que si les troupes africaines reprenaient leur avance, ses hommes les accueilleraient "avec une tasse de thé".

Imperméable aux pressions et lâché par plusieurs de ses ministres, ainsi que, par sa vice-présidente, Yahya Jammeh, parvenu au pouvoir, en 1994, par un coup d'état militaire, sans effusion de sang, a assuré qu'il demeurerait en place tant que la justice n'aurait pas statué sur ses recours électoraux. La communauté internationale n'était pas d'accord avec cette position et lui demandait de transmettre le pouvoir, le 19 janvier, sans que le processus de recours ne soit arrêté.

Dans une dernière volonté de montrer qu'il restait maître à Banjul, il a annoncé la dissolution du gouvernement dans un communiqué diffusé par la radiotélévision d'Etat GRTS. Les affaires courantes de tous les ministères seront gérées par la présidence, selon le texte. Ca devenait de la cacophonie. Du désordre instauré par Yahya Jammeh lui-même.

Par crainte de troubles ou de violences, plus de 45.000 personnes ont fui la Gambie depuis le début de l'année, en majorité, vers le Sénégal, selon le Haut-Commissariat de l'ONU pour les réfugiés (HCR).

Avec AFP

Commentaires

JDM (non vérifié)
C'est avant de commettre des délits qu'il faut penser pas après, et le président Mauritanien qui est lui aussi un autre dictateur .

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