GESTION DU COVID-19 PAR L'OMS : La bataille fait rage entre les pro et les anti-Tedros Adhanom Ghebreyesus

Après la suspension de la contribution des Etats-Unis à l'OMS, on pensait que l'appel des Nations-Unies de donner la priorité à la lutte contre la pandémie du coronavirus, avait pris le dessus sur les polémiques, qui dispersent les énergies. Que non ! L'initiative du premier ministre australien, Scott Morrison, vient montrer que la hache de guerre est loin d'être enterrée et que la tête du directeur général de l'OMS est plus que jamais mise à prix.

Donald Trump essaie de dissimuler ses propres erreurs dans la gestion du COVID-19 en orientant l'attention de l'opinion vers les erreurs de l'OMS. Ces dernières 24 heures, les Etats-Unis totalisent, déjà, plus de 46.000 morts et plus de 23 millions de chômeurs, en plus du niveau qui existait avant la survenue de l'épidémie, une situation qui aura un coût électoral certain le jour où la pandémie sera jugulée et que la campagne présidentielle aura repris ses droits. Car Trump est attendu au tournant...

Pour l'heure, il a suspendu les 631 millions d'euros de participation américaine en 2019 à l'OMS, soit, 15% de son budget. Pour permettre un bon fonctionnement de l'organisation, il est, implicitement, demandé à des donateurs publics ou privés, de remplacer cette somme qui va faire défaut aux finances de l'OMS. A cet égard, la Chine annonce une rallonge de sa participation de 30 millions de dollars.

Cela dit, certains dirigeants occidentaux mettent l'urgence ailleurs. C'est, par exemple, le cas du premier ministre australien, Scott Morrison (notre photo), qui a appelé Bill Gates, mardi, 21 avril, pour le convaincre de faire équipe avec lui dans la déstabilisation du directeur général de l'OMS. Bill Gates qui soutient, activement, actuellement, la campagne mondiale de Lady Gaga en faveur de l'OMS et en réaction aux mauvaises décisions de Trump, lui a opposé une fin de non recevoir. Il faut ajouter que Bill Gates est le principal bailleur de fonds privés de l'OMS avec 836 millions d'euros de subventions ces deux dernières années.

Ce n’est pas le moment d’ouvrir une enquête sur l’attitude de l’OMS face à l’épidémie de coronavirus, a, pour sa part, estimé le président, Emmanuel Macron, lors d’un entretien avec le premier ministre, Scott Morrison, mercredi, 22 avril, selon le service de communication de l’Elysée.

Le jeune président français a reconnu qu’il y avait eu des problèmes au départ, mais, a jugé “que l’urgence est à la cohésion et que ce n’est pas le moment de parler de cela maintenant”, tout en réaffirmant le besoin de transparence au sein des décisions de l'OMS.

Scott Morrison s’est prononcé pour l’ouverture d’une enquête internationale lors d’entretiens téléphoniques avec les dirigeants américain, français et allemand, selon son gouvernement. Donald Trump, qui a ordonné la suspension de la contribution américaine au budget de l’OMS, en jugeant cette dernière “sino-centrée” est, plutôt, pour. Mais, cela ne semble pas être une priorité du président français ni de la chancelière allemande, qui demandent, au contraire, à mettre l'accent sur les moyens visant à juguler, totalement, le COVID-19.

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