GHANA : Premier tour de l'élection présidentielle ce mercredi 7 décembre

Quelque 15 millions d'électeurs de ce pays anglophone d'Afrique de l'Ouest sont attendus dans les bureaux de vote, qui seront ouvert de 07H00 à 17H00 (locale et GMT). Sept candidats dont une femme, Nana Rwalings (notre photo) l'épouse de l'ancien président du Ghana, John Jerry Rwalings, sont en lice pour le premier tour, briguant un mandat de quatre ans.

Nana Akufo-Addo, 72 ans, qui se présente, pour la troisième fois, à la magistrature suprême, face à celui qui l'avait battu, en 2012, juge que ce scrutin est un "moment charnière" pour le Ghana, régulièrement, cité en exemple, en Afrique, pour sa stabilité et son système démocratique.

La campagne pour la présidentielle et les législatives a été marquée par des tensions et des violences. Un supporter du principal parti d'opposition a été tué, lundi, 5 décembre, dans des heurts - qui ont, également, fait 14 blessés, dont six sont dans un état critique - en marge d'un meeting électoral.

Nana Akufo-Addo, chef de file du NPP (Nouveau parti patriotique), a accusé le parti au pouvoir d'encourager les violences. Il a, aussi, dénoncé des tensions et des intimidations sur ses électeurs, tout en mettant en doute l'indépendance de la Commission électorale.

Le candidat de l'opposition a, également, critiqué la mauvaise gestion économique du pays, exportateur d'or, de cacao et, désormais, de pétrole, mais, fortement, endetté auprès des bailleurs de fonds internationaux.

La croissance économique est tombée à 3,3%, en 2016, selon le Fonds monétaire international (FMI), la plus faible en deux décennies.
De nombreux juges ont été impliqués dans un scandale de corruption, en 2015, et la Banque du Ghana a, récemment, été accusée d'avoir offert à ses employés pour un demi-million de dollars de montres en or suisses.

Le président, John Mahama, 58 ans, candidat du Congrès national démocratique (National Democratic Congress, NDC), a, de son côté, appelé à "ignorer toute forme de provocation", demandant aux Ghanéens de voter et "d'attendre les résultats dans un climat pacifique".

Affable et, habituellement, perçu comme un homme du peuple, le président peut se féliciter d'avoir instauré une discipline fiscale et s'est engagé à éradiquer la corruption pour son second mandat. Il a, également, promis des projets de nouvelles infrastructures pour le pays.
Les résultats du scrutin sont attendus jeudi soir.

Si aucun des deux principaux partis ne remporte plus de 50% des voix mercredi - et les élections au Ghana sont, traditionnellement, très serrées -, un second tour aura lieu courant décembre.
Lors de son meeting final tenu à Accra, l'opposant, Nana Akufo-Addo, s'est inspiré de la campagne du président américain, Barack Obama, en 2008, invitant ses électeurs à brandir d'immenses banderoles bleues estampillées du mot "Espoir".

Pour ses partisans, Nana Afuko-Addo porte l'image d'un "leader incorruptible" et ils espèrent qu'il pourra remettre l'économie d'aplomb pour entrer en compétition avec la Côte d'Ivoire, voisin en plein regain de croissance.

"Le vent du changement souffle sur toute l'Afrique. Tous les chefs d'Etat corrompus partent les uns après les autres", explique l'un d'eux.
Pour Bernard Owusu, 40 ans, venu assister au dernier meeting de son candidat, "la Gambie l'a fait, le Nigeria l'a fait, c'est, désormais, au tour du Ghana" de changer de dirigeant.

Le président Mahama a, de son côté, tenu trois meeting électoraux, lundi, dans les régions clés de Brong-Ahafo (Centre), d'Ashanti (Sud) et du Grand Accra (Sud-Est), devant des foules de militants habillés de blanc, la couleur de la victoire.

"On fête, déjà, la victoire", s'exclamait, ainsi, Alhaji Guntula, un homme d'affaires de 45 ans au visage peint en blanc. "Il va gagner les mains dans les poches".

Avec AFP

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