GOUVERNEMENT D'ISRAEL : Une Ethiopienne nommée ministre de l'Immigration et de l'Intégration

D'origine éthiopienne, Pnina Tamano-Shata fait, désormais, partie du gouvernement israélien dont le chef reste Benjamin Netanyahu et le vice premier ministre, le centriste et ex-chef d'état major de Tsahal, Benny Gantz. C'est un changement visible dans l'Etat hébreu. Pnina Tamano-Shata est, également, députée à la Knesset. En 2019, elle déclarait sur la chaîne israélienne, i24News : « Mes ambitions sont très élevées. Je me vois un jour devenir la première femme présidente de l'Etat d'Israël. C'est possible. Ca va arriver. Mais, avant tout, j'aimerais devenir ministre et aussi retrouver mon siège à la Knesset ». C'est désormais chose faite : Pnina détient le portefeuille de l'immigration et de l'intégration. Tout un programme quand il s'agit de l'Etat d'Israël.

« Je suis ravie et fière d’assumer le poste de ministre de l’immigration et de l’intégration », a déclaré Tamano-Shata au quotidien israélien Maariv. «Pour moi, c’est un point de repère et la fermeture d’un cercle pour cette fillette de trois ans (moi) qui a immigré en Israël sans mère, lors d’un voyage à pied dans le désert ; en grandissant en Israël et dans les luttes que j’ai menées et que je mène toujours pour la communauté, l’intégration, l’acceptation de l’autre et contre la discrimination et le racisme ; jusqu’à ma mission publique à l’intérieur et à l’extérieur des murs de la Knesset (Parlement) et aujourd’hui au statut de ministre de l’Immigration et de l’Intégration. L’immigration est l’âme et le cœur battant de l’Etat d’Israël. Je travaillerai avec diligence pour encourager l’immigration de tous les pays du monde et pour diriger la réforme du processus d’absorption des immigrants en Israël», a-t-elle déclaré au quotidien israélien Maariv.

Titulaire d’une maîtrise en politique publique de l’Université de Tel Aviv et d’un baccalauréat en droit de l’Ono Academic College, un collège privé situé à Kiryat Ono, en Israël avec plus de 14 000 étudiants, l’un des établissements d’enseignement supérieur les plus dynamiques d’Israël, la nouvelle ministre, dans le civil, est avocate, journaliste, femme politique, mariée et mère de deux adolescentes. Membre du parti politique, Yesh Atid (Il y a un futur), élue députée à la Knesset pour la première fois à l’âge de 31 ans (de 2013 à 2015), devenant la première et unique Israélienne d’origine éthiopienne élue au parlement israélien, elle a été nommée vice-présidente de la Knesset lors de ce premier mandat, et réélue en 2018. Le 29 mars 2020, elle a rejoint le parti, Hosen L’Yisrael, de Benny Gantz, ce qui lui vaut cette nomination dans le gouvernement.

Au sein de la Knesset, Pnina Tamano-Shata a été membre du comité de la Chambre, du comité des Affaires intérieures et de l’Environnement, du comité de Contrôle de l’Etat et du Comité spécial des Droits de l’enfant. Elle a présidé le lobby de la Knesset pour la Promotion des immigrants éthiopiens et le lobby pour la Promotion des droits des victimes d’infractions pénales en Israël, et a été active dans d’autres lobbies, notamment, le lobby pour le Renforcement de la périphérie et le lobby pour le Renforcement du peuple juif. Tamanu-Shata a, également, dirigé l’Association d’amitié Israël-Afrique et a joué un rôle clé dans les efforts visant à renforcer les relations bilatérales entre Israël et les pays africains, dans le cadre desquels, il y a eu des échanges de délégations (en coopération avec le ministère des Affaires étrangères) et la création d’associations d’amitié au Ghana.

Membre de la communauté des Falashas d’Ethiopie, Pnina Tamano-Shata est née en 1981 dans le village de Wuzaba en Ethiopie. Elle est arrivée en Israël à l’âge de trois ans, dans le cadre de l’Opération Moïse, une opération de transfert clandestin vers Israël des réfugiés éthiopiens installés au Soudan et identifiés comme Falashas (Juifs éthiopiens) pendant la famine en Ethiopie de 1984. Pnina Tamano-Shata, ses cinq frères et son père, figuraient parmi près de 7 000 Juifs éthiopiens transférés vers Israël entre novembre 1984 et janvier 1985. Sa mère a suivi plusieurs années plus tard.

Sa famille a, d’abord, vécu dans un centre d’intégration à Pardes Hanna, et en 1988, ils ont déménagé à Petah Tikva, où elle réside à ce jour. Pnina Tamano-Shata a fait ses études à Ulpana Tzfira, au pensionnat Carmit et au lycée ORT à Givat Ram, Jérusalem. Elle a, ensuite, été recrutée dans l’armée israélienne, en 1999, et a été sergent des opérations au Home Front Command. En 2002, elle a commencé ses études de droit à Ono Academic College, tout en étant également instructeur pour les adolescents à risque et en étant socialement active dans les quartiers défavorisés de Petah Tikva.

En 2004, pendant ses études de droit à Ono Academic College, Pnina Tamano-Shata est devenue présidente de l’Association nationale des étudiants éthiopiens. De 2007 à 2012, elle a travaillé comme journaliste pour Channel 1, qui a été, jusqu’à sa disparition, la première chaîne de télévision israélienne. Elle y animait le programme d’information «Vendredi à Cinq». En 2006, elle a été l’une des fondatrices du siège de la lutte des Juifs éthiopiens pour l’égalité sociale et a dirigé des manifestations contre le racisme et la discrimination.

En 2012, elle s’est engagée dans la politique et a rejoint le parti, Yesh Atid, un parti politique israélien centriste et laïc créé en janvier 2012 par Yaïr Lapid. En 14e position sur la liste du parti Yesh Atid pour les élections législatives de 2013, elle est élue députée, devenant la première femme née en Ethiopie et Falashas à siéger à la Knesset, où elle siège jusqu’en 2015. Entre 2015 et 2018, elle a poursuivi son travail public volontaire en dehors de la Knesset. Elle a, ainsi, siégé au Comité exécutif de Transparency International – Israël, a été membre du Conseil économique national et membre d’un comité public spécial de la Government Companies Authority, qui a recommandé la promotion d’une représentation appropriée des groupes de population défavorisés dans les directions gouvernementales. Pnina Tamano-Shata a, également, été présidente par intérim d’un sous-comité du Conseil de l’enseignement supérieur et membre du Conseil des gouverneurs de l’Agence juive, une organisation créée en 1929 sous le nom d’Agence juive pour la Palestine pour être l’exécutif de l’Organisation sioniste mondiale en Palestine mandataire britannique.

Défenseuse des Falashas

La communauté des Falashas compte quelque 140.000 membres en Israël et Pnina Tamano-Shata, malgré les difficultés, se bat pour sa communauté. En décembre 2013, le Magen David Adom, l’équivalent israélien de la Croix-Rouge, a refusé le don de sang de Pnina Tamano-Shata et de plusieurs autres membres de la communauté des Falashas de crainte qu’ils ne soient porteurs du sida, suscitant une vive polémique et l’indignation au sein de la population. Pnina Tamano-Shata a, ainsi, manifesté aux côtés des membres de sa communauté à Jérusalem, devant les bureaux du premier ministre israélien. Le rassemblement a dégénéré en heurts avec la police.

En outre, en 2015, Pnina Tamano-Shata a été l’une des dirigeantes des manifestations des Israéliens éthiopiens contre la violence policière, et son initiative a conduit à une décision du gouvernement sur la création d’un comité spécial au sein du ministère de la Justice, qui a publié le rapport Palmor sur la réduction du racisme et discrimination en Israël, en particulier, à l’encontre des Israéliens d’origine éthiopienne, et sur les changements de politique et les mesures pour lutter contre ce phénomène. Elle a, également, mené une nouvelle politique d’intégration optimale des membres de sa communauté dans la société.

Retour à la Knesset

Avant son retour à la Knesset, Pnina Tamano-Shata a travaillé dans l’industrie des médias, a été directrice extérieure, a dirigé (en tant que pigiste) la division sociale de l’Association du barreau d’Israël et a continué de donner des conférences devant des enfants et des adolescents et des délégations en Israël et à l’étranger.

En février 2018, elle est redevenue députée pour le parti, Yesh Atid, en remplaçant le député démissionnaire, Yaakov Peri, qui est aussi connu pour être un ancien chef du Shin Bet, le service de sécurité intérieure israélien. Elle est, de nouveau, élue en avril 2019, puis, réélue le 17 septembre 2019 et le 2 mars 2020.

Bravo Pnina !

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