GRAND DIALOGUE NATIONAL : La double nationalité un mal à combattre

Le président du Cameroun, Paul Biya, a convoqué un « Grand Dialogue National » du 30 septembre au 4 octobre, au Palais des Congrès, à Yaoundé. 700 délégués du Cameroun et de la diaspora s'y sont retrouvés pour débattre de huit thèmes sélectionnés par lui-même. Ceux qui aiment le Cameroun devraient être contents que ce dialogue (tant insulté et vilipendé) ait, finalement, conduit le pays vers la voie de la décrispation. Car le parler ensemble que le Cameroun vient de vivre, même s'il ne satisfait par tout le monde, a été d'une utilité incontestable.

Les rapports des 8 commissions ont été adoptés en plénière, jeudi, 3 octobre. Le dialogue a fait des propositions au chef de l'Etat sur diverses questions :

« L’octroi d’un statut spécial aux régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest, la suppression du statut de délégué du gouvernement nommé prévu dans la cadre du régime spécial applicable à certaines agglomérations » comme Yaoundé, Douala, Bafoussam, Bamenda, Buéa, Garoua, Maroua, Bertoua, Ngaoundéré, Edéa, et d'autres grandes villes camerounaises.

Le dialogue a, aussi, « insisté sur la nécessité de l’établissement d’une feuille de route, d’un chronogramme et d’un organe de suivi de la mise en œuvre des recommandations ».

Ces résolutions n’impliquent aucune modification de la Constitution. La décentralisation est, déjà, inscrite dans la Constitution de 1996, mais, elle n’avait jamais été réellement mise en œuvre.

Le Grand Dialogue National se prononce, également, pour la création d’une Commission « Vérité, Justice et Réconciliation », le renforcement de l’anglais dans les administrations et les services publics et l’introduction de la double nationalité pour la diaspora.

Toutes ces résolutions seront soumises à l’appréciation du chef de l’Etat. Certaines, cependant, sont inopportunes.

Parlant, par exemple, de « La double nationalité », elle est une « non-question » car ce Grand Dialogue National ne concerne que les Camerounais. Pas les Bi, Tri-Nationaux ou autres. Car, il faut préciser que le Cameroun ne reconnaît pas la double nationalité. Quand, de son propre chef, on prend la décision de demander une autre nationalité, on perd, automatiquement, celle du Cameroun. Et c'est bien ainsi.

Par ces temps où le Cameroun fait l'objet d'une déstabilisation certaine, il n'est pas question de donner une arme supplémentaire aux sécessionnistes, qui lui font la guerre depuis l'étranger, étant protégés par la nationalité de leurs pays d'adoption, au cas où le Cameroun chercherait à les poursuivre.

Cette disposition prise par l'ancien président, Ahmadou Ahidjo, dans un contexte politique différent, c'est vrai, doit rester d'actualité. Car si hier, il combattait les opposants à son régime dont beaucoup s'inscrivaient dans l'Union des populations du Cameroun (UPC), aujourd'hui, le Cameroun est dans un contexte où des forces extérieures oeuvrent pour le dépecer.

D'autre part, les Camerounais qui prennent une autre nationalité, le font, très (très) souvent pour des besoins économiques. Rarement, pour des motifs politiques. On connaît la tactique : quand ça ne va plus bien dans le pays d'adoption pour une raison ou pour une autre, on se replie vers la mère patrie.

Sans donner de leçon à quiconque, un bon Camerounais doit le rester contre vents et marées. Qu'il pleuve ou qu'il neige. Que ça aille bien ou mauvais, il doit rester Camerounais. Et non naviguer au gré du vent, selon ses intérêts du moment.

Le président du Cameroun a, par le passé, résisté à cette forme de démagogie à la camerounaise, en ignorant, purement et simplement, ceux de la diaspora qui lui demandent l'instauration de la double nationalité.

Il a raison de garder cette exception camerounaise. Car le Cameroun a besoin des fils qui lui appartiennent à part entière. Et non des opportunistes qui prennent la poudre d'escampette à la moindre occasion pour aller se réfugier dans le pays d'adoption.

Ajouter un commentaire

Les plus populaires