GUERRE CONTRE LE DJIHADISME : Barkhane se renforce avec 600 soldats supplémentaires au Sahel mais le Niger, le Mali et le Faso doivent se remettre en cause

Le ministère des Armées a annoncé, dimanche, 2 février, que la France allait renforcer sa présence militaire dans la bande sahélo-saharienne avec 600 soldats supplémentaires, portant les effectifs de l’Opération Barkhane à 5 100 hommes. Cette mesure urgente afin de parer au plus pressé, doit permettre, aux autres pays européens, de renforcer le dispositif tout au long de cette année, et surtout, au Niger, au Burkina Faso et au Mali, de mettre la formation de leur armée dans la lutte contre le djihadisme au centre de leurs priorités, et cesser de baser leur stratégie de défense de leurs frontières sur le bon vouloir d'un pays ami (la France en l'occurrence) qui a ses propres problèmes à résoudre et ses priorités d'ordre national à assurer.

"L'essentiel des renforts sera déployé dans la zone dite des trois frontières entre le Mali, le Burkina Faso et le Niger", épicentre de la lutte contre les groupes djihadistes, précise le communiqué de la ministre des Armées, Florence Parly.  "Une autre partie de ces renforts sera engagée directement au sein des Forces du G5 Sahel pour les accompagner au combat", ajoute-t-elle.

"Le renfort annoncé par le président de la République (Emmanuel Macron) doit nous permettre d’accentuer la pression contre l’EIGS [l'Etat islamique dans le Grand Sahara, organisation terroriste, NDLR]. (...) Nous ne laisserons aucun espace à ceux qui veulent déstabiliser le Sahel", souligne Florence Parly.

On ne peut que se satisfaire que la France change sa stratégie dans cette guerre contre le djihadisme dans le Sahel. On ne peut qu'être content qu'elle veuille s'engager, totalement, aux côtés des pays du G5 Sahel pour éradiquer, réellement, le djihadisme. Mais, si c'est une œuvre de très longue haleine, il appartient aux pays africains concernés d'assurer, d'abord, leur sécurité, par leurs propres moyens, avant de faire appel à des amis. Car, tant que la préservation de leur souveraineté en tant qu'Etat reposera sur les pays amis, quels qu'ils soient, le djihadisme ne disparaîtra jamais : il pourra baisser d'intensité, mais, il reviendra toujours en force, quelque temps plus tard (sur notre photo Florence Parly chez le dictateur tchadien Idriss Déby Itno dont l'armée est en baisse de régime, ce qui a coûté sa place à son chef d'état major des armées).

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