GUERRE EN LIBYE : Les forces de mal du maréchal Haftar en très grosse difficulté

Malgré les soutiens multiformes dont il bénéficie de différents pays, citons en vrac, la Russie, la France, les Etats-Unis, l'Egypte, l'Arabie Saoudite, les Emirats arabes unis, le maréchal, Khalifa Haftar, n'a, jamais, réussi à prendre la capitale, Tripoli, comme il ambitionnait, en avril 2019, quand n'écoutant personne, il avait lancé une offensive solitaire pensant qu'il ne ferait qu'une petite bouchée, les combattants des forces du Gouvernement d'entente nationale (GEN) du premier ministre Sarraj. L'hémorragie côté Haftar continue : après avoir perdu l'un de ses principaux bastions, lundi, 18 mai, ses forces ont annoncé le début d'un repli de deux à trois kilomètres de toutes les lignes de front de la capitale Tripoli. Selon leur porte-parole, cette opération vise à faciliter les déplacements de population pendant le ramadan. Un mensonge éhonté qui cache plutôt une déconfiture militaire que subit l'ANL (Armée nationale libyenne) du maréchal Haftar.

Ahmed al-Mismari a appelé les forces du GEN, lequel est reconnu par la communauté internationale, à faire de même - sans préciser si la décision de l'ANL serait liée à celle du GEN.

Cette annonce survient deux jours après la perte d'un bastion important de l'ANL, qu'elle contrôlait depuis 2014. Les forces pro-gouvernementales ont pris lundi le contrôle de la base aérienne de Watiya, leur plus important succès en un an. Il s'agissait de la seule base aérienne de l'ANL à proximité de la capitale.

Pour Hamish Kinnear, un analyste pour l'Institut de recherche Verisk Maplecroft, cette prise de contrôle par le GEN représente un "nouveau coup dur" pour les forces du maréchal Haftar, après la perte des villes de Sorman et Sabratha le mois dernier.

Forts d'un soutien turc de plus en plus important, les Pro-GEN ont pris, il y a quelques semaines, d'importantes villes côtières à l'Ouest de Tripoli, avant de cerner la base aérienne d'Al-Watiya, à 140 km au Sud-Ouest de Tripoli.

Plongée dans le chaos, depuis 2011, la Libye est divisée en deux camps rivaux entre le GEN dirigé par Fayez el-Sarraj, qui siège à Tripoli et qui est reconnu par la communauté internationale, et un gouvernement parallèle soutenu par Khalifa Haftar, dans l'Est du pays. 

L'ANL, qui tient l'Est libyen, a lancé il y a plus d'un an une offensive pour s'emparer de Tripoli. 

Au fil des mois, les ingérences étrangères ont exacerbé le conflit.

Après la démission de l'émissaire spécial de l'ONU, Ghassan Salamé, début mars, et les différentes médiations internationales, aucun cessez-le-feu durable n'a pu être obtenu depuis près d'un an et le début de l'offensive d'Haftar, en avril 2019, sur Tripoli. Le GEN est soutenu par l'armée turque (sur notre photo le président Erdogan se fait expliquer la Libye sur une carte avant l'expédition de ses troupes).

Rappelons que la guerre en Libye est la conséquence directe de l'entêtement de l'ancien président français, Nicolas Sarkozy, à se débarrasser du colonel, Mu'ammar al Kadhafi, juste parce que ce dernier se serait joué de sa personne. Kadhafi avait validé plusieurs milliards de dollars de contrats de différents matériels militaires et civils qu'il s'était gardé, par la suite, d'honorer. Pour se venger, Sarkozy a manigancé une affaire qu'il a liée à des massacres qui étaient soi-disant perpétrés sur des personnes civiles, ce qui lui a permis de réclamer le soutien des Anglais, de l'OTAN et des Américains.

Aujourd'hui, son successeur à l'Elysée, Emmanuel Macron, ne sait plus par quel bout prendre le problème libyen, tellement il est difficile à résoudre.

Les dirigeants français s'étonnent que l'image de leur pays soit hideuse en Afrique. Mais, avec de tels agissements comme ceux de Sarkozy en Libye et même en Côte d'Ivoire où il a envoyé l'armée française installer Ouattara au pouvoir en y détrônant Gbagbo, devrait-on les applaudir des deux mains quand ils arrivent en Afrique ? Que nenni !

Ajouter un commentaire

Les plus populaires