GUERRE EN LIBYE : Les menaces du président égyptien sont une « déclaration de guerre » selon le gouvernement al-Sarraj

Le président égyptien, Abdel Fattah al-Sissi, a prévenu que toute avancée des Pro-GNA risquait de mener à l’intervention « directe » de l’Egypte. Ce que le Gouvernement libyen d’union nationale (GNA) a dénoncé, dimanche, 21 juin, comme une « déclaration de guerre ».

Cette guerre des mots est intervenue deux jours avant une réunion ministérielle par visioconférence de la Ligue arabe sur la Libye, à laquelle le GNA a refusé de participer. Initialement prévue lundi, cette réunion a été reportée à mardi en raison de « problèmes techniques », selon un diplomate.

Dans le conflit en Libye, l’Egypte soutient les forces du maréchal Khalifa Haftar, rivales du GNA, appuyé, lui, par la Turquie et basé dans la capitale Tripoli.

Avec l’appui militaire d’Ankara, le GNA a engrangé d’importantes victoires depuis début juin, prenant le contrôle de l’ensemble du Nord-Ouest de la Libye. Ces succès ont signé l’échec de l’offensive lancée en avril 2019 par le maréchal, Khalifa Haftar, pour s’emparer de Tripoli.

Les forces du GNA restent, néanmoins, freinées dans leur avancée vers la ville de Syrte, verrou stratégique vers l’Est, qu’elles veulent reprendre aux troupes du maréchal Haftar, homme fort de l’Est du pays pétrolier. Samedi, 20 juin, le président égyptien, Abdel Fattah al-Sissi, a prévenu que toute avancée des Pro-GNA vers Syrte (450 km à l’Est de Tripoli) pourrait entraîner une intervention « directe » du Caire.

Ville natale de l’ex-dictateur, Mu'ammar al Kadhafi, - déchu et tué en 2011 -, Syrte, ainsi qu’Al-Joufra plus au Sud, représentent une « ligne rouge », a averti le président, Sissi, lors d’un discours retransmis à la télévision.

Si cette ligne est franchie, la sécurité de l’Egypte, qui partage une frontière poreuse avec la Libye, nécessitera une « intervention directe » des forces égyptiennes dans le pays, a-t-il déclaré. « C’est un acte hostile, une ingérence flagrante et l’équivalent d’une déclaration de guerre », a dénoncé le GNA dans un communiqué (sur notre photo le premier ministre du GNA al-Sarraj).

« L’ingérence dans les affaires internes de l’Etat libyen et l’atteinte à sa souveraineté, que ce soit par des déclarations […] comme celles du président égyptien, ou par l’appui aux putschistes, aux milices et aux mercenaires, sont inacceptables », a-t-il averti.

Appelant la communauté internationale « à assumer ses responsabilités face à cette escalade », le GNA s’est dit « favorable à toute médiation impartiale sous l’égide de l'ONU » et a rejeté « les initiatives unilatérales des hors-la-loi ».

Syrte, ainsi qu’Al-Joufra plus au Sud, représentent une « ligne rouge », a prévenu M. Sissi samedi. Si cette ligne est franchie, cela entraînera une « intervention directe » des forces égyptiennes en Libye, a-t-il dit.

« La Libye toute entière est une ligne rouge », a rétorqué le GNA. « Quel que soit le différend qui oppose les Libyens, nous ne permettrons pas à notre peuple d’être insulté ou menacé ».

En revanche, le chef du parlement élu et basé dans l’Est, Aguila Saleh, a défendu dans un communiqué l’avertissement de M. Sissi, jugeant « nécessaire » une intervention de l’armée égyptienne « pour soutenir nos forces armées face au terrorisme et à l’invasion étrangère ».

De son côté, le chef de la diplomatie jordanienne, Ayman Safadi, s’est dit favorable à une solution politique en Libye et a apporté « son plein soutien à l’Egypte face à toute menace contre sa sécurité et sa stabilité », lors d’un entretien téléphonique avec son homologue égyptien, Sameh Choukri.

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