GUINEE EQUATORIALE : Le doyen Obiang évite de justesse un coup d'état militaire (sanglant)

Un des chefs d'Etat les plus protégés d'Afrique, l'Equato-Guinéen, Teodoro Obiang Nguéma Mbasogo, ne badine guère avec sa sécurité propre ni avec celle de son pays, l'un des plus prospères du continent. Ce sont des choses très graves qu'il suit, personnellement, de très près depuis la déportation de Laurent Gbagbo à la CPI (Cour pénale internationale) et, surtout, l'assassinat du colonel, Mu'ammar al Kadhafi. Il faut dit que ces deux déstabilisations furent entreprises au moment où il assurait les fonctions continentales de président en exercice de l'Union africaine. Pour lui, c'est comme si c'était hier.
Quelle mouche a, donc, piqué certains de ses officiers pour vouloir en finir avec lui car même si le Cameroun a montré, dans cette affaire, une solidarité à toute épreuve, le vers est, déjà, dans le fruit, au niveau de la partie continentale du pays où il passe les fêtes de fin d'année aux côtés de la première dame, Contancia Obiang Nguema Mangue. Les (très longues) enquêtes ne font que commencer du côté équato-guinéen que camerounais.

Le président équato-guinéen bénéficie de plusieurs écrans de sécurité. Entre Equato-Guinéens, Marocains, Angolais, et autres dont on ne donnera pas la nationalité, il est très difficile de l'atteindre d'autant que les services des uns ne communiquent pas, forcément, avec les autres. Autant dire que la tentative du 27 au 28 décembre était en elle-même suicidaire pour ses organisateurs.

Ceux qui osent avancer pour dire quelque chose, du côté équato-guinéen, n'évoquent, pas encore, le nom de l'opposant, Severo Moto, réfugié en Espagne. Est-ce à dire qu'il n'était pas au courant, toutes les tentatives de coup d'état, jusqu'à celle impliquant le Britannique, Simon Mann, en 2004, ayant, toujours obtenu, sa bénédiction, sinon, son blanc-seing ?

Le président, Teodoro Obiang Nguema Mbasogo, ne s'est pas rendu au dernier Sommet de Paris sur l'environnement, le 12 décembre. Les relations entre les deux pays ne sont pas au beau fixe, Paris et Malabo ayant décidé de régler leur différend devant les tribunaux parisien et de La Haye, en attendant, sans doute, l'entrée en jeu de ceux de Malabo. Souveraineté nationale oblige !

Le président, après une mini-tournée intérieure, comme il a l'habitude de le faire pour prendre la température des régions, se repose, depuis quelques jours, à Mongomo, son village natal. Celui-ci se trouve à quelques dizaines de kilomètres des frontières du Gabon et du Cameroun. C'est, donc, chez lui, que les putschistes voulaient le surprendre, ignorant, peut-être, que cette ville est devenue une place forte du régime, très bien protégée.

Côté camerounais, la police a interpellé ce mercredi, 27 décembre, à sa frontière équato-guinéenne, une trentaine de personnes qui transportaient beaucoup d'armes et des tenues militaires, dans un car qui se dirigeait vers la Guinée équatoriale.

Ces hommes armés se dirigeaient vers la Guinée équatoriale à partir de la ville frontalière camerounaise de Kye-Ossi (Sud), qui abrite un marché sous-régional très prisé et très bien fourni en produits alimentaires et autres de toutes sortes.

Ces hommes armés seraient d'origine étrangère. On y compterait des officiers du Tchad (on parle même d'un général), mais aussi, du Centrafrique et d'autres provenances qui demandent à être confirmées.
Une enquête a été ouverte par la sécurité militaire camerounaise et la police locale à Ebolowa (Sud du Cameroun) sur ces hommes. Cette enquête se poursuit à Yaoundé où l'affaire est prise très au sérieux.
Les informations sur ce putsch manqué sont rarissimes du côté équato-guinéen que camerounais. Il faut dire qu'il s'agit d'une affaire gravissime, qui met en jeu la sécurité de la première institution du pays. On doit savoir notamment jusqu'à quel niveau le vers était dans le fruit, bien qu'il y ait, déjà, des défections au niveau de l'armée équato-guinéenne. C'est la course contre la montre, les frontières avec le Gabon et le Cameroun, sur plusieurs centaines de kilomètres, n'étant pas, toujours, très très bien surveillées à tous les endroits. Seule certitude en ce moment : Teodoro Obiang Nguéma Mbasogo est (bien) en sécurité et tient la situation en main (sur notre photo avec la première dame en août 2014 à Washington lors d'un Sommet organisé par Barack Obama).

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