GUINEE EQUATORIALE : Le vice-président Teodorin Obiang Nguema Mangue fait appel de son jugement

Pas du tout content du jugement du Tribunal correctionnel de Paris qui l'a condamné le 27 octobre, le vice-président de la Guinée équatoriale, Teodorin Obiang Nguema, a décidé de faire appel. Contrairement à ce que disent ses avocats, qui ont (malgré tout) crié victoire, le vice-président a perdu puisque la justice n'a pas ordonné la restitution de ses biens tandis que l'immeuble qui abrite l'ambassade de la Guinée équatoriale, reste en instance de saisie, bien que la procédure suive son cours à la Cour internationale de justice de La Haye. Pour ce deuxième tour, le vice-président et sa défense doivent, résolument, changer de fusil d'épaule.

Condamné à trois ans de prison avec sursis pour s'être, frauduleusement, bâti un patrimoine considérable en France, Teodorin Obiang, a fait appel, a-t-on appris, vendredi, 3 novembre, auprès de son avocat, Me Emmanuel Marsigny.

Le fils du président équato-guinéen, Teodoro Obiang Nguema, avait été condamné le 27 octobre par le tribunal correctionnel de Paris à trois ans de prison avec sursis et 30 millions d'euros d'amende avec sursis, à l'issue du premier procès dit des "biens mal acquis" devant la justice française. La justice avait, également, ordonné la confiscation de l'ensemble des biens saisis, dont un somptueux hôtel particulier avenue Foch à Paris. Teodorin Obiang (sur notre photo en train de prêter serment) ne s'était pas présenté à son procès.

A l'annonce du jugement, sa défense avait dénoncé une "décision militante" et promis d'"examiner tous les recours possibles".
L'enquête, ouverte après des plaintes des associations Sherpa et Transparency International, avait mis au jour l'ampleur du patrimoine de Teodorin Obiang. Objets d'art, voitures de luxe, et cet hôtel particulier de 101 pièces, avec hammam et discothèque, décoré de marbre et pourvu de robinets recouverts d'or... Rien de tout cela ne lui sera rendu on ne sait pour quelle raison.

Teodorin Obiang, 48 ans, n'ayant eu de cesse de contester la légitimité de la justice française, le tribunal avait rappelé qu'il était compétent, car il a jugé "l'infraction de blanchiment commise en France" par l'accusé dans son intérêt "personnel" et non "des faits commis en Guinée équatoriale" dans "l'exercice de ses fonctions".

Les sommes blanchies en France sont estimées à 150 millions d'euros.

Teodorin Obiang Nguema Mangue est certes très riche, mais, sa richesse n'empêche pas qu'il bénéficie des arguments notables pour sa défense. Il doit, absolument, rallier une bonne partie de l'opinion publique africaine. Car ce procès est une façon d'infantiliser l'Afrique et d'humilier certains de ses fils, qui certes, peuvent prêter le flanc, mais qui ne méritent pas le traitement qu'on leur fait subir. On a une justice de deux poids deux mesures. Sinon pourquoi d'autres fils de dignitaires (non africains) ne passent pas sous les fourches caudines de la justice française ? Ce procès est une autre preuve qu'on abat, facilement, systématiquement, ceux qui essaient de lever la tête pour dire Non à l'Occident. Teodorin ne combat pas l'Occident, son père, si. Et frontalement. A travers le fils, ne cherche-t-on pas à atteindre le père dont la capacité de dénonciation de la mainmise occidentale en Afrique, n'a rien à envier aux diatribes du Frère Guide et même de Laurent Gbagbo ?

Franchement, il faut encourager les Africains à être exigeants devant leurs dirigeants. Mais, il faut, aussi, les inviter à éviter la manipulation (dont ils peuvent faire l'objet) et à savoir faire la part des choses car, dans ce qu'on voit, tout n'est pas tout noir d'un côté, tout n'est pas tout blanc de l'autre.

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