GUINEE EQUATORIALE : Teodorin Obiang Nguema Mangue perd son procès en France

Dans ce jugement, tout Africain digne de ce nom qui se respecte, devrait avoir deux niveaux d'analyse.

Premier niveau : est-ce à la France de juger Teodorin Obiang Nguema dont la fortune mise en cause provient de la Guinée équatoriale où il assure les fonctions de vice-président de la République ? Si on se situe, non pas sur le plan de la morale, mais du droit et de l'équité en droit, la justice française devrait être compétente à condition d'ouvrir les yeux sur les cas similaires venant d'autres pays, notamment, asiatiques, sud-américains et du Moyen-Orient. Mais, sauf preuve de contraire, les cas querellés en France, relèvent presque tous de la seule Afrique, et d'une même zone géographique, l'Afrique centrale. Sans se faire l'avocat du diable, et toute précaution verbale prise, on peut parler d'acharnement. Alors question : la justice (dite) universelle se résume-t-elle à une justice sectaire de deux poids deux mesures ? Ahurissant pour la France dont la justice est, vraiment, et c'est vraiment vrai, indépendante.

Deuxième niveau : sur le fond, le juge a suivi les réquisitions du procureur. On doit quand même préciser que la Guinée équatoriale a porté cette affaire auprès du Tribunal de la Haye qui, contre attente des autorités françaises, s'est déclaré compétent. Autrement dit, au nom de la hiérarchisation judiciaire, le tribunal international de la Haye (ONU) devrait garder sa prépondérance sur des juridictions nationales. C'est-à-dire, que la justice française aurait dû laisser La Haye prononcer sa sentence, au préalable, avant de se prononcer plus tard.

Bien sûr, qu'il s'agit d'une affaire très complexe et très technique qui ne doit être simplifiée dans son explication. Mais quand même : le principe de base, pense-t-on en Afrique où tout le monde n'aime pas Teodorin (loin de là), c'est le respect du droit international et de ses règles, de surcroît quand il s'agit d'un pays membre du Conseil de sécurité comme la France dont le rôle est de surveiller la bonne application du droit et de ses principes du vivre ensemble. Qu'en est-il si elle les bafoue ?

La Guinée équatoriale va, très certainement, faire appel, de ce jugement en France, en rappelant, entre autres, que cette affaire est en instruction au Tribunal de La Haye et que ça fait un peu désordre qu'un pays civilisé se comporte comme les Républiques bananières de la chère et bien vieille Afrique.

Rappel des grandes lignes du jugement :

La 32ème chambre du Tribunal correctionnel de Paris a condamné le vice-président, Teodorin Obiang, à trois ans de prison avec sursis et 30 millions d'euros (20 milliards de F CFA) d'amende avec sursis, une peine inférieure à celle requise par le Parquet national financier (PNF) qui avait demandé trois ans de prison ferme et une amende ferme de 30 millions d'euros.

Le tribunal a, également, ordonné la confiscation de l'ensemble des biens saisis, dont les voitures de luxe (notre photo) et un somptueux hôtel particulier avenue Foch à Paris, comme requis par le parquet, et qui précisons-le, abrite, actuellement, les locaux de l'Ambassade de la Guinée équatoriale en France, ainsi que le consulat de ce pays. Parlant de cette ambassade, une ordonnance de La Haye, en décembre dernier, avait estimé qu'elle était inviolable jusqu'à ce que le tribunal de La Haye statue sur ce dossier en cours d'instruction.

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