GUINEE : L'opposition se retire de l'Assemblée nationale pour dénoncer la tentative du 3e mandat du « professeur »

Les députés d'opposition en Guinée ont décidé, vendredi, 11 octobre, de «suspendre leur participation aux travaux de l'Assemblée nationale» pour protester contre l'ambition prêtée au président, Alpha Condé, de faire réviser la constitution pour briguer un troisième mandat, à trois jours de manifestations considérées à haut risque.

Les 53 députés d'opposition, sur les 114 que compte l'Assemblée, ont dénoncé dans une déclaration conjointe, la «volonté mainte fois exprimée par les autorités de ce pays d'élaborer une nouvelle constitution pour se maintenir au pouvoir». Alpha Condé, 81 ans, dont le deuxième mandat s'achève en octobre 2020, a, souvent, contesté la pertinence de la limitation du nombre de mandats en Afrique - deux maximum en Guinée (sur notre photo, il est avec son mentor politique Denis Sassou-Nguesso, grand spécialiste du piétinement des constitutions dont celle de son pays le Congo-Brazzaville qu'il a façonnée à son image en 2015). Son premier ministre, Ibrahima Kassory Fofana, lui a transmis, mercredi, 9 octobre, la synthèse des consultations menées, ces dernières semaines, sur une possible révision de la constitution, qualifiées de «mascarades» par l'opposition, qui les a boycottées. L'opposition s'attend à présent à ce que le président officialise la tenue d'un référendum pour valider un changement de constitution ouvrant la voie à un troisième mandat. Fin septembre, Alpha Condé avait demandé aux Guinéens de s'y «préparer». Les députés d'opposition jugent par ailleurs «illégale» et «techniquement intenable» l'organisation d'élections législatives, fixées au 28 décembre.

Le Front national pour la défense de la constitution (FNDC), dont font partie les principales formations d'opposition, aux côtés de syndicats et de membres de la société civile, a appelé à manifester à travers le pays à partir de lundi, 14 octobre. Le Front recommande, également, aux compagnies minières, banques, usines, stations-service et aux autres entreprises publiques et privées de «suspendre toute activité durant les manifestations, en vue d'éviter tout incident dommageable». Selon l'opposition, une centaine de manifestants ont été tués par les forces de l'ordre depuis l'arrivée au pouvoir d'Alpha Condé en décembre 2010. Alpha Condé le "démocrate" qui avait, cinquante années durant, combattu les "dictateurs", Sékou Touré et Lansana Conté, à partir du Bord de la Seine (région parisienne), avant de rallier le camp qu'il combattait, dès son arrivée au pouvoir (de la façon qu'on sait).

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