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ISRAEL-AFRIQUE : « Bibi » Netanyahu nouvel ami de l'Afrique ?

Benjamin Netanyahu, dit « Bibi » pour les intimes, a commencé par des questions de forme. Il a commémoré, lundi, 4 juillet, à Entebbe, en Ouganda, l'Opération commando "héroïque" lors de laquelle son frère fut assassiné, en 1976. Bibi était, déjà, en 2005, à cet effet, en Ouganda, mais, à titre privé. Cette fois, c'est le premier ministre d'Israël qui a débuté une tournée "historique" de quatre jours, en Afrique subsaharienne, visant à consolider les relations israélo-africaines.

"Il y a 40 ans, des soldats israéliens ont mené une mission historique", "héroïque" et "inoubliable", a déclaré Benjamin Netanyahu, lors d'un discours prononcé à l'aéroport d'Entebbe, sur les rives du Lac Victoria, à une quarantaine de kilomètres, au Sud de la capitale Kampala.

Son frère aîné, Yonathan Netanyahu, chef du commando, avait péri dans cette opération pour libérer les passagers d'un vol Tel-Aviv/Paris détourné sur Entebbe, où les preneurs d'otages avaient été accueillis par le dictateur ougandais de l'époque, le général Idi Amin Dada.

La visite du premier ministre israélien est "très émouvante" car elle symbolise l'évolution des relations entre Israël et l'Afrique.

"Il y a 40 ans, ils ont atterri au beau milieu de la nuit dans un pays mené par un dictateur brutal qui a offert un refuge aux terroristes", a-t-il lancé. "Aujourd'hui, nous avons atterri en plein jour et avons été accueillis par un président qui combat le terrorisme".

Quelque 500 personnes, dont d'anciens soldats ayant participé à l'opération, ont assisté à la cérémonie placée sous très haute sécurité, avec des patrouilles aériennes et navales. Des soldats israéliens ont, notamment, paradé avec en toile de fond, un avion Lockheed C-130 Hercules, similaire à ceux utilisés en 1976.

"L'Afrique est un continent qui monte", a soutenu le premier ministre : "après de nombreuses décennies, je peux dire qu'Israël revient en Afrique et que l'Afrique revient en Israël". Des mots qui sont allés droit dans le cœur des Africains, très impressionnés, par le système de sécurité mis en place, pour la circonstance, avec le concours des spécialistes et militaires israéliens dépêchés, en Ouganda, pour la circonstance.

Israël est le bienvenu en Afrique, terre d'accueil, qui sait donner du sens au mot « amitié ». Dans les années 1960, de nombreux pays africains avaient, en effet, pris leurs distances avec Israël en raison des guerres de l'Etat hébreu avec ses voisins entre 1967 et 1973 et des liens unissant Tel-Aviv au régime d'apartheid en Afrique du Sud. Mais, on ne peut pas être plus royaliste que le roi : l'Egypte pour qui cette option avait été prise au niveau de l'Organisation de l'unité africaine (OUA) a, elle-même, renoué, spectaculairement, avec Israël, d'abord, grâce à Anouar el Sadate, puis, sous la présidence de Hosni Moubarak. Aujourd'hui au pouvoir, le maréchal, Abdel Fattah al-Sissi, suit le chemin tracé par ses prédécesseurs.

Avant de quitter Israël lundi matin, Benjamin Netanyahu avait qualifié cette tournée d'"historique", rappelant qu'il s'agissait de la première visite d'un premier ministre israélien en Afrique sub-saharienne "depuis des décennies". Les précédentes furent celles du travailliste, Shimon Perès, en août 1986, au Cameroun, et du leader du likoud, Yitzhak Shamir, au Togo, en juin 1987 (notre photo montrant le premier ministre israélien et le président du Togo à Lomé).

Accompagné de 80 hommes d'affaires représentant une cinquantaine d'entreprises israéliennes, pendant ce voyage, Benjamin Netanyahu a débuté, en Ouganda, une tournée africaine de quatre jours, qui l'emmènera, aussi, au Kenya, au Rwanda et en Ethiopie.

Car Israël cherche à s'assurer le soutien des pays africains dans les institutions internationales, où il fait l'objet de vives critiques liées à l'occupation des Territoires palestiniens ou à ses activités nucléaires.
Le gouvernement israélien a, récemment, approuvé une proposition d'ouvrir des bureaux de l'Agence israélienne pour le développement international dans ces quatre pays. Cette agence partage, avec les pays en voie de développement, les technologies et le savoir-faire israéliens.

Le premier ministre israélien devait, également, prendre part, lundi, à un mini-sommet régional sur la sécurité et le "terrorisme", rassemblant les chefs d'Etat et de gouvernement kényan, rwandais, éthiopien, sud-soudanais, zambien et malawite.

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