JUSTICE FRANCAISE : Valéry Giscard d'Estaing et les fesses d'une journaliste allemande

L'ancien président français, Valéry Giscard d'Estaing dit VGE, n'en a pas fini avec les affaires des fesses de femmes, malgré son âge très avancé. Les Africains, pendant sa présidence, s'étaient offusqués du mauvais tour qu'il joua à son « cher parent », l'ex-empereur du Centrafrique, Jean Bedel Bokassa (sur notre photo les deux hommes d'Etat en mars 1975 à Bangui). L'impératrice Catherine était, en effet, tombé dans les bras du grand fauve de Chamalières. L'ex-empereur n'eut que les yeux pour pleurer, bien que ce genre de passe-passe soit admis dans certaines traditions africaines. Mais pas avec un « parent » blanc. VGE et les femmes, ce n'est donc pas une histoire qui étonne en France d'autant plus que ses successeurs (peut-être pas l'actuel) ne badinent pas dans leurs relations avec le sexe dit faible : Hollande, Sarkozy, Chirac, Tonton, furent, tous, tranchants dans ce domaine. Ce qui étonne, c'est que malgré ses 94 ans, VGE a gardé tous ses réflexes de brave mâle intactes. Malheureusement, cet instinct animal le conduit, aujourd'hui, chez les juges. Par ce temps de coronavirus, on a là, enfin, une histoire cocausse.

Depuis lundi, 11 mai, VGE fait l'objet d'une enquête, à Paris, pour agression sexuelle, après la plainte d'une journaliste allemande qui l'accuse de lui avoir touché les fesses lors d'une interview fin 2018.

Journaliste de 37 ans à la télévision publique allemande WDR, Ann-Kathrin Stracke avait écrit, le 10 mars, au parquet de Paris pour dénoncer les gestes qu'aurait effectué l'actuel membre du Conseil constitutionnel lors d'une interview réalisée dans son bureau parisien.

Lundi, le parquet de Paris a annoncé avoir ouvert une enquête pour des faits d'"agression sexuelle" et avoir confié les investigations à la Brigade de répression de la délinquance contre la personne (BRDP).

"J'ai décidé de raconter mon histoire parce que je pense que les gens doivent savoir qu'un ancien président français a harcelé sexuellement une journaliste, en l'occurrence moi, après une interview", explique-t-elle, confirmant l'information de cette plainte dévoilée la veille par Le Monde et le quotidien allemand Süddeutsche Zeitung.

Les faits se seraient produits le 18 décembre 2018 pendant une interview avec VGE à l'occasion du 100e anniversaire de la naissance d'Helmut Schmidt, ex-chancelier allemand qu'il a côtoyé au cours de son mandat à l'Elysée (1974-1981).

"Après l'interview, j'ai demandé à pouvoir faire une photo avec M. d'Estaing et mes collègues. Cette photo a été prise par son assistante qui était dans la pièce. J'étais debout à gauche de +VGE+ et, pendant la photo, il a mis sa main sur ma taille gauche, qui a ensuite glissé plus loin vers mes fesses et est restée là", a déclaré Mme Stracke.

Une situation qui se serait répétée à deux autres reprises juste après : lors d'une nouvelle photo et alors que l'actuel membre de l'Académie française lui montrait des anciennes images de lui aux côtés d'autres chefs d'Etat ou de sa famille.

"J'ai encore essayé de le repousser, mais je n'ai pas réussi", a-t-elle précisé.

Pour sortir de cette situation "très dégradante", elle affirme avoir obtenu l'aide de son cameraman qui, renversant un abat-jour et plaçant une chaise entre l'ancien président et elle, a cherché à faire diversion.

De retour à Cologne, où se trouve le siège de WDR, elle a fait part de son récit à son employeur, dont la direction a mandaté un cabinet d'avocats pour recueillir son témoignage et celui de ses collègues.

"La WDR a accompagné et soutenu Ann-Kathrin Stracke depuis que l'incident a été connu, même lorsqu'elle a décidé de porter plainte", a déclaré jeudi une porte-parole de la chaîne.

En juin 2019, un cabinet d'avocats français sollicité par la chaîne a envoyé une lettre au bureau de VGE, qui a accusé réception quatre semaines plus tard.

Près d'un an après, la journaliste a ensuite décidé de porter plainte et de rendre son histoire publique, se disant encouragée par le mouvement #MeToo de libération de la parole des femmes pour combattre le harcèlement sexuel.

Avec cette plainte, Mme Stracke souhaite l'ouverture d'un "débat de société sur le harcèlement sexuel et plus de courage pour s'exprimer et nommer les choses".

Sachant que sa journaliste allait publiquement révéler l'histoire, la WDR a de nouveau contacté en avril le bureau de VGE pour lui demander des explications.

"Le 4 mai, l'avocat de M. d'Estaing a annoncé que le bureau de l'ancien président n'avait pas connaissance des accusations criminelles et ne répondrait donc pas", a expliqué la chaîne.

Aujourd'hui, l'entourage de VGE dit qu'il ne souvient plus très bien de cet épisode de l'interview. A 94 ans, la justice chargée d'examiner la plainte dira exactement ce qu'il en est.

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