KENYA : Illisible et incompréhensible stratégie de Raila Odinga

Personne ne s'attendait à un deuxième coup d'éclat de la Cour suprême. Elle a, donc, logiquement, validé la réélection d'Uhuru Kenyatta, rejetant les deux recours déposés, non pas, par Raila Odinga, mais par un homme d'affaires associé à un ancien député et par deux responsables d'ONG. Trop peu pour faire vaciller, une nouvelle fois, Uhuru Kenyatta, qui va poursuivre sa mission à la tête de l'Etat kényan. En espérant que Raila Odinga le laissera travailler car, non seulement, il refuse de reconnaître la victoire de son ancien adversaire, mais, il promet, aussi, de lui mettre, énormément, de bâtons dans les roues.

Le leader de l’opposition kenyane, Raila Odinga, qui a refusé de prendre part au deuxième tour de l'élection présidentielle, laissant Uhuru Kenyatta se présenter, seul, a déclaré, lundi, 20 novembre, qu’il ne reconnaîtrait pas son futur gouvernement, quelques heures après que la Cour suprême eut validé sa victoire à l’issue de la présidentielle du 26 octobre. Que cherche, réellement, Raila Odinga ? Rares sont les personnes qui arrivent à percevoir sa stratégie politique actuelle alors qu'il avait le vent en poupe pour prétendre à la victoire lors de ce second tour ?

Raila Odinga a affirmé que la Cour s’était réunie dans des circonstances très difficiles et n’a pas réussi à réunir le quorum à cause de graves problèmes de sécurité après une fusillade et la blessure par balle du chauffeur et du garde du corps du juge en chef-adjoint avant l’élection cruciale du 26 octobre.

« A ce titre, la décision de la Cour aujourd’hui ne peut légitimer un gouvernement dont le président avait publiquement accusé la Cour suprême de +coup d’Etat+ en annulant son élection et menacé les juges une fois de retour au pouvoir », a-t-il ajouté.

Ce sont des arguments qui valent ce qu'ils valent, mais, qui ne devraient pas permettre de bloquer le fonctionnement de l'Etat du Kenya, Odinga ayant créé la surprise en refusant de participer à l'élection présidentielle, juste parce que la Commission électorale n'avait pas été nettoyée à près de 100% de ses membres supposés inféodés à Kenyatta, et parce que cette Commission n'a pas tenu compte de son souhait de reporter le deuxième tour de trois mois, pour permettre sa bonne préparation.

Aucune élection présidentielle au suffrage universel n'est parfaite en Afrique, même dans des grandes démocraties comme le Nigeria ou le Ghana, par exemple. Le candidat battu a, toujours, eu à redire sur la non-transparence de l'élection. Mais, refuser de se présenter en laissant libre cours à son adversaire de faire un score de près de 100%, pour organiser, par la suite, le blocage économique du pays dans le but de mettre le petit peuple dans des difficultés, est-il une attitude responsable ?

A chacun de porter son jugement, mais beaucoup ne trouveront pas une telle attitude (très) démocratique.

Les plus populaires