KENYA : La Commission électorale perquisitionnée par la police pour « irrégularités » et actes « illégaux ».

Le directeur des poursuites publiques, Keriako Tobiko, a précisé qu'une enquête complète sur la Commission électorale indépendante (IEBC) devait être bouclée dans un délai de 21 jours.

Saisie par l'opposition, la Cour suprême a invalidé, le 1er septembre, la réélection du candidat, Uhuru Kenyatta avec 54,27% des voix, contre 44,74% à l'opposant Raila Odinga (notre photo).

Initialement, prévue le 17 octobre, la nouvelle élection a été reportée au 26 octobre, de nombreux doutes demeurant, toutefois, sur la capacité de l'IEBC à organiser le scrutin dans les temps. La Constitution prévoit, elle, que la nouvelle élection doit être organisée dans les 60 jours suivant la décision de la Cour suprême, soit, d'ici au 31 octobre.

Dans une lettre adressée samedi à la direction du département d'enquêtes criminelles et à la commission anti-corruption, M. Tobiko a ordonné une enquête "approfondie et complète" sur les irrégularités pointées par la Cour Suprême.

Lors de la publication des attendus de sa décision du 1er septembre, la Cour suprême a, sévèrement, blâmé l'IEBC pour sa gestion des élections du 8 août, évoquant des irrégularités dans la transmission des résultats, ainsi que, des "problèmes institutionnels systémiques" au sein de cette institution.

L'opposition a conditionné sa participation au nouveau scrutin à la démission de plusieurs membres de l'IEBC. Le président Kenyatta a, lui, exclu tout remaniement en profondeur de l'institution. Le président a, aussi, vivement, critiqué la Cour suprême, l'accusant d'avoir perpétré un "coup d'état" en invalidant sa réélection.

Keriako Tobiko a ajouté que la police et l'agence anti-corruption devaient, également, enquêter sur des allégations formulées par la coalition d'opposition (Nasa) contre onze membres de l'IEBC, accusés, notamment, d'infractions.

La Nasa a envoyé une lettre à l'IEBC où elle demande, notamment, le renvoi de certains responsables, un changement de fournisseur de matériel électora, ainsi que, la diffusion, en direct, des résultats de chaque circonscription. Sans quoi, a-t-elle redit, elle boycottera les élections.

Selon l'opposition, le système de transmission des résultats avait été piraté, et ceux émanant des bureaux de vote avaient été modifiés électroniquement en faveur de M. Kenyatta.

Avec AFP

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