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LEGISLATIVES AU TOGO : A qui profiterait le retour du désordre ?

Les Togolais se rendent aux urnes, jeudi, 20 décembre, pour des élections législatives boycottées par la principale coalition de l’opposition. Cela fait plus d'un an que cette dernière affiche son refus d'aller aux élections tant que le président, Faure Gnassingbé, n'aura pas affirmé qu'il ne serait plus candidat à sa succession à la présidentielle de 2020. Injonction de nul effet, a, à plusieurs reprises, répondu la majorité présidentielle, par la bouche de Gilbert Bawara. La majorité présidentielle est d'accord pour la mise en place des réformes, à condition que le décompte des mandats présidentiels commence en 2020.

Le caractère de non-rétroactivité de la loi est un principe bien connu des juristes. Ce n'est pas au Togo qu'il sera, pour la première fois, battu en brèche. Le refus des partisans du président, Faure Gnassingbé, de se laisser marcher sur les pieds, a fait l'objet d'une plaidoirie auprès des instances de la CEDEAO (Communauté économique des Etats de l'Afrique de l'Ouest), ainsi que, des deux grands facilitateurs désignés, à savoir, le président du Ghana, Nana Addo-Akufo, et son homologue de la Guinée, Alpha Condé. Chaque partie a fait valoir ses arguments, sauf que la Coalition des 14 partis politiques a été jusqu'au boutiste dans sa requête en exigeant la démission du président, Faure Gnassingbé, en 2020 ou rien du tout. Et ce rien du tout commence par le refus de participer aux législatives du 20 décembre, et même, de les empêcher « par tous les moyens ...légaux ». De quels moyens légaux dispose-t-elle ? On n'en voit aucune. Brigitte Adjamagbo-Johnson demande, plutôt, aux militants de l'opposition de devenir la chair à canon en empêchant la tenue du vote par la violence si besoin.

La CEDEAO a envoyé des observateurs afin de superviser cette élection. Elle pourra, aisément, constater de quels côtés viennent les violences tant redoutées par certains observateurs étrangers. Les grandes ambassades occidentales au Togo ont, toutes, prêché la modération des deux côtés et rappelé le principe de la liberté du vote, et non de l'empêchement du vote.

C'est une sorte de réponse à Brigitte Adjamagbo-Johnson, la coordinatrice de la Coalition, qui ne cesse de déclarer que "Nous disons toujours non à ces élections. Nous ferons ce qu’il faut pour qu’elles n’aient pas lieu".

De son côté, le ministre de la Sécurité, le général, Yark Damehane, a rappelé que la liberté des uns finit où commence celle des autres. Autrement dit, on peut refuser de participer au vote, mais, la loi interdit qu'on empêche une personne qui veut voter de le faire.

Le principal enjeu pour la majorité présidentielle, c'est de rafler les 4/5 des sièges (73 députés sur 91 contre 62 actuellement), pouvant lui permettre d’opérer seule les réformes au parlement, notamment, de passer le vote de réforme constitutionnelle permettant au président, Faure Gnassingbé, de se représenter en 2020 et en 2025.

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