LEGISLATIVES EN AFRIQUE DU SUD : L'ANC en progressive perte de vitesse malgré l'action de Ramaphosa pour lutter contre la corruption

Le président sud-africain, Cyril Ramaphosa, a assuré, dimanche, 12 mai, que son Congrès national africain (ANC) allait "tirer les leçons" de sa victoire en demi-teinte aux législatives du 8 mai et promis de créer des emplois, éradiquer la corruption et changer le parti. Il faut dire que l'ANC pâtit de la très mauvaise gouvernance de son ancien président, Jacob Zuma, qui, à la tête de l'Etat, s'était illustré dans de multiples affaires de corruption qui font de lui, aujourd'hui, un bon client de la justice sud-africaine. Il en est de même de plusieurs de ses anciens ministres, ainsi que, beaucoup de ses camarades de l'ANC. L'insouciance dont Zuma faisait preuve malgré la sonnette d'alarme qui était, régulièrement, tirée pour qu'il adopte un comportement rigoureux et prenne en compte le bien commun, montre qu'il avait pris parti pour son seul confort personnel et des siens au détriment du sacrifice consenti par un peuple, pour accéder à l'indépendance politique, économique et sociale.

L'ANC a, néanmoins, remporté les élections législatives du 8 mai en recueillant 57% des voix qui lui assurent une majorité absolue de 230 des 400 sièges de l'Assemblée nationale.

En baisse de près de cinq points sur celui obtenu en 2014, ce résultat est le plus mauvais jamais réalisé par le parti historique de Nelson Mandela dans des législatives depuis qu'il a pris les rênes du pays à la chute de l'apartheid en 1994.

Tout au long de la campagne, de nombreux électeurs ont reproché à l'ANC le taux de chômage endémique que connaît le pays (27%), la corruption qui a gagné le sommet de l'Etat sous le règne de Jacob Zuma (2009-2018) et la persistance de fortes inégalités sociales et raciales. Beaucoup de griefs donc.

"Nous avons maintenant un mandat très clair et nous allons faire ce que le peuple attend de nous", a, modestement, déclaré Cyril Ramaphosa, conscient de la colère de ses militants.

"Ils ont dit +président, nous voulons des emplois+ (...), c'est ce que nous allons faire, nous allons travailler dur pour créer des emplois pour notre peuple", a poursuivi le président. "Ils ont dit nous devons mettre un terme à la corruption, camarades, nous allons mettre un terme à la corruption".

Elu par les députés, Cyril Ramaphosa, 66 ans, doit être investi pour un nouveau mandat de chef de l'Etat dès le 25 mai (notre photo).

Dans les jours qui suivent, il doit nommer un nouveau gouvernement. Sa composition révélera la marge de manoeuvre dont il dispose au sein de l'ANC, où les partisans de son prédécesseur Jacob Zuma gardent de solides appuis.

Visés par des allégations de corruption, plusieurs ministres actuels, proches du clan Zuma, sont sur la sellette.

"Nous ne devons jamais, jamais revenir à l'ère de la +capture de l'Etat+ ", a dit Cyril Ramaphosa dimanche. "Nous allons nommer des hommes et des femmes qui ont de grandes capacités, qui savent qui ils sont.

Nous allons faire les choses autrement".

Depuis qu'il a succédé à Jacob Zuma il y a un an, cet ancien syndicaliste devenu millionnaire dans les affaires, réputé pour sa modération et son pragmatisme, a promis de nettoyer le parti et l'Etat et de relancer l'économie en panne du pays.

Même s'il a limité la casse, le chef de l'Etat n'a pu empêcher l'ANC de reculer le 8 mai. Les analystes prédisent de fortes résistances internes à ses velléités de réformes.

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