LIBYE : L'Union africaine se saisit de la tuerie des migrants africains qui a scandalisé l'opinion

Présidé (ce mois de juillet) par le chef de la diplomatie togolaise, le professeur, Robert Dussey, le Conseil de paix et de sécurité en sa 857ème réunion, tenue le 5 juillet 2019, sur la situation en Libye et le sort des migrants africains en Libye, a fait une sortie qui montre que l'Afrique est horrifiée par ce qui se passe dans ce pays jadis prospère. Et surtout, il presse le Conseil de sécurité d'arrêter les tueries en Libye et d'aider au redémarrage de ce pays.

Rappelant l’article 4 (o) de l’Acte constitutif de l’Union africaine affirmant le caractère sacro-saint de la vie humaine, l’article 7 du Protocole relatif à la création du Conseil de paix et de sécurité (CPS), ainsi que ses communiqués et communiqués de presse antérieurs sur la situation en Libye et la situation des migrants africains dans ce pays, en particulier, le communiqué de presse de la 802ème réunion du 17 octobre 2018, le communiqué de la 797ème réunion tenue au niveau ministériel le 24 septembre 2018, en marge de la 73ème Session de l’Assemblée Générale des Nations-Unies à New York, aux Etats-Unis d’Amérique, et le communiqué de la 839ème réunion tenue le 9 avril 2019;

Notant les allocutions du professeur, Robert Dussey, Ministre des Affaires étrangères de la République togolaise, en sa qualité de président du CPS pour le mois de juillet 2019, et de l’allocution faite par Moussa Faki Mahamat, président de la Commission de l’UA (notre photo); notant, en outre, la  présentation faite par l’Ambassadeur, Smaïl Chergui, Commissaire à la paix et à la sécurité, ainsi que, la déclaration du représentant de l’Etat de Libye;

Exprimant, une fois encore, sa grave préoccupation  face à la situation qui prévaut en Libye, en particulier, depuis le 4 avril 2019, et face au sort des migrants africains dans les camps et les centres de détention dans ce pays, en particulier, la récente attaque contre des migrants et des réfugiés au centre de détention de Tajoura près de Tripoli, en Libye, qui a fait 53 morts et des centaines de blessés graves, le 3 juillet 2019;

Agissant en vertu de l’article 7 de son Protocole, le Conseil de paix et de sécurité: 

1. Condamne, de la manière la plus ferme possible, les auteurs de l’attaque sauvage, quels qu’ils soient, attaque qui a été perpétrée le 3 juillet 2019, contre les migrants du centre de détention de Tajoura, près de Tripoli en Libye, qui a causé des morts et des centaines de blessés;

2. Fait sien le communiqué de presse du président de la Commission du 3 juillet 2019, condamnant ce crime horrible et appelant à une enquête indépendante pour élucider la perpétration de ce crime;

3. Décide qu’une enquête indépendante doit être menée d’urgence, avec la participation de la Commission africaine des droits de l’homme et des peuples (CADHP), en vue d’établir les faits de l’attaque du 3 juillet 2019 contre le centre de détention de Tajoura, près de Tripoli, et de formuler des recommandations sur les mesures pratiques pour assurer la dignité, le bien-être, la sûreté et la sécurité des migrants; dans ce contexte, le Conseil demande à la Commission de lui soumettre les résultats de l’enquête au plus tard avant le 30 septembre 2019 pour examen; 

4. Souligne le rôle central de l’UA, en collaboration étroite avec les pays de la région, dans la recherche d’une solution durable à la crise en Libye; dans ce contexte, le Conseil insiste sur le fait que tous les partenaires engagés dans le soutien des efforts visant à régler la crise libyenne doivent compléter et respecter l’approche de l’UA; à cet égard, le Conseil demande au président de la Commission de renforcer davantage son engagement diplomatique avec toutes les parties concernées, afin d’assurer qu’une action collective soit menée rapidement et efficacement pour mettre fin à la crise en Libye; 

5. Rappelle que les Nations-Unies, à travers son Conseil de sécurité, ont la responsabilité principale du maintien de la paix et de la sécurité internationales, conformément, au chapitre VII de la Charte des Nations-Unies; en conséquence, le Conseil demande au Conseil de sécurité d’assumer la pleine responsabilité du règlement rapide de la crise en Libye, ayant à l’esprit que la poursuite de cette crise aura de graves conséquences, en particulier, la circulation et l’utilisation illicites des armes, le trafic, la prolifération de groupes terroristes, la criminalité organisée, en Libye même, dans la région et sur le continent africain;

6. Exige que tous les auteurs de ce crime odieux soient traduits en justice, sans plus tarder; dans ce contexte, le Conseil exhorte les autorités et les autres parties prenantes libyennes à apporter la coopération nécessaire à l’enquête sur l’attaque contre le centre de détention de Tajoura; 

8. Appelle les autorités libyennes à prendre des mesures concrètes pour protéger les civils en Libye, y compris les migrants et les réfugiés, conformément, au droit international humanitaire et aux droits de l’homme; appelle en outre les autorités libyennes à démanteler tous les centres/camps de détention en Libye, afin de réduire la vulnérabilité des migrants et des réfugiés.

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