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LIBYE : Marchandage au prix fort du maréchal Haftar de son aide dans le dossier européen de l'immigration

Khalifa Haftar n'est pas Fayez al-Sarraj. L'homme fort de l'Est de la Libye (et bientôt de Tripoli aussi), le maréchal, Khalifa Haftar, a demandé à l'Europe des hélicoptères et des drones pour surveiller la frontière Sud du pays et lutter contre l'immigration.

"J'ai présenté un plan en partant du principe que la Libye n'est pas le point d'arrivée mais seulement un couloir pour les migrants qui veulent aller en Europe", a déclaré le maréchal dans une interview publiée, ce vendredi, 29 septembre, dans le Corriere della Sera, après avoir été reçu à Rome et à Paris cette semaine. A Paris, il a été reçu, hier, par le ministre français des Affaires étrangères, Jean Yves Le Drian. Objectif : le pousser à appliquer le plan des Nations-Unies afin que les élections soient organisées en Libye au milieu de l'année prochaine.

Outre les équipements militaires, "Ce plan (de Haftar) prévoit la nécessité de négocier avec les pays voisins de la Libye d'où partent les migrants. Quant au contrôle des frontières Sud, mes forces peuvent fournir la main-d'oeuvre mais vous Européens devez envoyer de l'aide : drones, hélicoptères, viseurs nocturnes, véhicules...", a-t-il poursuivi. Le maréchal va, donc, s'équiper à (très) bon compte, dans sa lutte qu'il mène, quotidiennement, pour la conquête du pouvoir. L'Europe se trouve quelque peu coincée, elle qui croyait faire avaliser son plan au maréchal comme cela a été, facilement, le cas pour le premier ministre libyen, al-Sarraj.

L'ONU a imposé un embargo sur toute livraison militaire en direction de la Libye, mais, selon le maréchal Haftar, "tous les pays européens intéressés à arrêter l'immigration devraient le révoquer".

Le maréchal Haftar, qui conteste l'autorité du gouvernement d'entente nationale (GNA) basé à Tripoli, renforce, depuis plusieurs semaines, son statut d'interlocuteur indispensable pour résoudre le casse-tête libyen.
L'Italie, ancienne puissance coloniale, a été le plus important soutien en Europe du GNA de Fayez al-Sarraj, reconnu par la communauté internationale.

Mais, devant une commission parlementaire jeudi, Roberta Pinotti, ministre italienne de la Dafense, a déclaré que l'Italie ne prenait pas partie entre MM. Sarraj et Haftar (notre photo montrant les deux frères ennemis). "Nous voulons une Libye unie et pacifique et nous sommes prêts à travailler avec tous ceux qui entendent oeuvrer pacifiquement pour l'unité du pays", a-t-elle insisté.

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