LIBYE : Pas de camps d'immigration sur le territoire national que la France a installés au Tchad et au Niger

La Commission nationale libyenne des droits de l'homme a rejeté, mardi, 26 juin, la "tentative européenne unilatérale" de création de camps d'immigration en Libye. Le ministre italien de l'Intérieur, Matteo Salvini, lors de son voyage, en Libye, lundi, 25 juin, l'avait laissé entendre. Une annonce, immédiatement, démentie, quelques heures plus tard par le vice-premier ministre libyen, Ahmed Miitig. Le gouvernement algérien n'en veut pas non plus, selon les propos de son ministre des Affaires étrangères, Abdelkader Messahel, ce mercredi, 27 matin, sur Radio France Internationale. Il n'y a que le Niger et le Tchad, qui ont accepté l'installation de « hot spots » sur leur territoire, à la demande du président français Emmanuel Macron (notre photo). Depuis, ces deux pays font l'objet de beaucoup de critiques de la part de leurs oppositions et de la société civile.

L'Union européenne projette de créer des camps et des centres de protection internationale pour les migrants dans les pays de transit, tels que la Libye, afin d'évaluer les demandes d'asile et de fournir une assistance juridique aux migrants et aux demandeurs d'asile.

La Commission nationale libyenne des droits de l'homme a déclaré que les raisons de son rejet étaient humanitaires, légales, sécuritaires et nationales, notamment, en raison de l'état de conflit armé, la prolifération des armes, l'aggravation des taux de criminalité organisée et l'escalade des violations des droits de l'Homme en Libye.

"La Libye ne fait pas partie de la Convention de 1951 sur les réfugiés ni de son Protocole de 1967, elle n'est donc contrainte par aucune obligation en vertu de la Convention", explique le communiqué.

La Commission a réitéré que l'immigration doit être traitée conformément aux règles et aux règlements internationaux, y compris les lois humanitaires internationales et la Déclaration universelle des droits de l'Homme, tout en respectant la souveraineté et l'indépendance des Etats sous l'égide des Nations-Unies.

Le premier ministre libyen, Fayez Serraj, soutenu par l'ONU, a rencontré, lundi, le vice-président du Conseil des ministres italien et ministre de l'Intérieur, Matteo Salvini, qui a accepté de tenir une conférence conjointe en septembre prochain pour lutter contre l'immigration clandestine.

L'Italie a fermé ses ports au cours du mois de juin et a refusé de recevoir l'Aquarius, un navire appartenant à une organisation internationale qui secourt des migrants en Méditerranée, avec 600 migrants à bord.

L'Espagne a accepté de recevoir les 600 migrants après des contacts internationaux intensifs.

Le refus de l'Italie de recevoir ces migrants en provenance de Libye est le premier du genre. Les observateurs le considèrent comme une indication de la probabilité que le pays abandonne ses engagements internationaux sur l'acceptation des migrants.

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