MADAGASCAR : Le chef de l'Etat (candidat à sa succession) promet une présidentielle « libre » et « transparente »

Madagascar, habitué aux crises qui aboutissent parfois à des coups d'état militaires et à la transition politique, a failli récidiver, n'eût été le sursaut de tout un pays qui en a marre de cet éternel recommencement. Ecoutant son opposition et se pliant aux injonctions des institutions dont la Haute Cour constitutionnelle, le président de la République, Heri Rajaonarimampianina, a nommé un premier ministre de consensus et annoncé la tenue de l'élection présidentielle ouverte à tous, avant la fin de cette année. La température a, immédiatement, rebaissé en attendant l'ouverture de la campagne électorale.

Le nouveau premier ministre malgache (de consensus), Christian Ntsay, a promis que les élections présidentielle et législatives prévues cette année seraient "transparentes" et "libres", lors de sa première intervention devant le Parlement. Cette intervention a eu lieu, jeudi, 28 juin.

"Une élection transparente et libre, telle est notre priorité", a-t-il lancé dans un hémicycle très clairsemé.

Le gouvernement n'écartera "personne de l'élection" et publiera "dans le plus bref délai les décrets d'applications des lois électorales", a-t-il ajouté.

Le vote d'une première version de ces lois, jugées favorables au régime, est à l'origine d'une fronde de l'opposition qui a manifesté tous les jours pendant près de deux mois contre le régime du président Heri Rajaonarimampianina.

Cette crise s'est terminée au début du mois de juin, avec la nomination, sur requête de la Haute cour constitutionnelle, de Christian Ntsay à la tête d'un cabinet de "consensus" censé conduire le pays jusqu'aux prochaines élections générales.

Ces scrutins devaient, initialement, se dérouler à la toute fin 2018 mais la plus haute instance judiciaire du pays a exigé qu'ils aient lieu pendant la "saison sèche", c'est-à-dire, d'ici octobre.
Aucune date n'a pour l'heure officiellement été fixée.

Dans son discours de politique générale, Christian Ntsay, un ancien haut-fonctionnaire international, a, également, promis pêle-mêle la "restauration dans les plus brefs délais de la sécurité", un nouveau "dialogue social", une "justice équitable" et "l'amélioration du climat d'investissement".

Seuls 15 des 151 députés de l'Assemblée nationale ont assisté à son discours, qui marquait la reprise des activités parlementaires interrompues pendant la récente crise politique.

L'actuel chef de l'Etat n'a pas, encore, annoncé s'il briguerait un nouveau mandat mais les deux figures de l'opposition, ses prédécesseurs, Marc Ravalomanana et Andry Rajoelina, se sont, déjà, mis en ordre de bataille pour la présidentielle.

Ajouter un commentaire

Les plus populaires