MALI : Le risque de partition du pays en deux (avec la complicité de la France) est réel

Dans le numéro 483-484 d'Afrique Education, actuellement, chez les marchands de journaux, un article explique comment la France caresse, depuis les années 90, l'idée d'obtenir la partition du Mali pour mieux contrôler ses ressources naturelles. Cette politique commencée dans les années 90 n'a pas pris un ride : les présidents François Mitterrand, Jacques Chirac, Nicolas Sarkozy, François Hollande, ont beau faire un tour à l'Elysée (14 ans pour Mitterrand et 12 ans pour Chirac), cet objectif n'a guère changé d'un iota. Au Sommet de la « clarification » que le président, Emmanuel Macron, compte organiser, à Pau, début 2020, il serait intéressant que le président du Mali, Ibrahim Boubacar Keïta, demande des explications à ce sujet à son homologue français, à un moment où l'assistance militaire de Barkhane, devient un sujet de préoccupation pour tout le peuple malien.

Voici ce que l'ancien responsable du MNLA (Mouvement national pour la libération de l'Azawad) et ancien ministre de l'Emploi du Mali, Hama Ag Mahmoud (notre photo), disait d'une telle complicité :

« La France nous avait donné son feu vert pour l'indépendance de l'Azawad. La France a demandé au MNLA de l'aider à faire déserter tous les combattants touareg qui étaient dans l'armée libyenne, pendant la guerre de Libye et de bloquer le recrutement des Libyens dans le Nord-Mali et dans l'Aïr au Niger. Et en contrepartie, elle nous avait donné son feu vert pour l'indépendance de l'Azawad (Nord-Mali, ndlr). C'est l'accord qui a été conclu avec la France. L'objectif de la France était tout simplement d'affaiblir le gouvernement malien pour l'obliger à signer un accord de défense et ensuite, s'octroyer des concessions minières : de l'or, du phosphate, du gaz, du pétrole, etc... Et surtout, le bassin de Taoudeni qui est une mer intérieure d'eau douce ainsi que la base de Tessalit, une zone stratégique, convoitée par les Américains, les Européens mais aussi les Russes. Tout le monde veut avoir cette base ».

La « clarification » voulue par le jeune président au futur Sommet de Pau, devra être des deux côtés car au regard de sa politique à géométrie variable en Afrique (que les Maliens dénoncent régulièrement pendant des marches), la France aurait beaucoup beaucoup de choses à dire, et au président malien, et au président nigérien, et au président burkinabe.

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