MOZAMBIQUE : L'ex-opposition armée (Renamo) fait suspendre l'organisation des élections locales

L'organisation des élections locales prévues en octobre au Mozambique a été suspendue pour cause de divergences entre le gouvernement et l'ex-rébellion devenue opposition, la Renamo, a annoncé, mercredi, 4 juillet, la Commission électorale. Après avoir été très active dans la lutte armée contre le pouvoir en place, la Renamo a abandonné cette forme de contestation en devenant un parti politique d'opposition en bonne et due forme. Aujourd'hui, elle met tout en œuvre pour briguer le pouvoir suprême, ou le cas échéant, le partage véritable de celui-ci, d'où son exigence d'une transparence totale du processus électoral.

"Nous n'avons pas de loi pour organiser le scrutin. Attendons donc que le parlement vote cette loi et nous rétablirons alors les élections", a déclaré le porte-parole de la Commission, Paulo Cuinica.

Le président Filipe Nyusi et la Renamo s'opposent, depuis plusieurs semaines, sur la date à laquelle l'ex-rébellion pourrait procéder à la "démilitarisation" de ses combattants qui ont pris le maquis dans le centre du pays.

M. Nyusi a exigé qu'elle ait lieu immédiatement, alors que la Renamo a promis de ne l'engager que "d'ici aux élections".

Ces tensions ont provoqué, le mois dernier, le report sine die, à l'initiative des élus du parti au pouvoir, le Frelimo, du vote au parlement de la loi électorale nécessaire à la tenue des élections locales du 10 octobre.

Ancienne guérilla transformée en parti politique à la fin de la guerre civile (1976-1992), la Renamo a repris les armes, en 2013, pour dénoncer la mainmise sur le pays du parti au pouvoir, le Front de libération du Mozambique (Frelimo).

Son chef historique, Afonso Dhlakama, avait, toutefois récemment, renoué le dialogue avec le président Nyusi.

Les deux hommes se sont accordé sur une réforme constitutionnelle de décentralisation, récemment votée, et semblaient proches d'aboutir sur la réintégration des combattants de la Renamo dans l'armée et la police.

Mais la mort d'Afonso Dhlakama (notre photo) en mai a changé la donne.

Si la loi électorale n'est pas votée rapidement, les élections devront être reportées, a expliqué mercredi M. Cuinica.

Des élections générales sont prévues au Mozambique en 2019.

Avec AFP

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