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NIGER : Affamés, Seini Oumarou et ses amis du MNSD invités à la Soupe Populaire chez Mahamadou Issoufou

L'ancien premier ministre, Hama Amadou, l'homme politique le plus populaire du Niger dont les démêlés judiciaires entretenus par Mahamadou Issoufou, ont empêché d'accéder au pouvoir, en début de cette année, doit se lécher les babines. De son lieu d'exil, il a bien consommé du thé, hier, ( en bon musulman qui ne peut se permettre de boire du champagne), pour savourer sa première victoire post-présidentielle sur le pouvoir actuel, pour qui il reste l'homme politique à abattre.

Hama doit être content parce que l'entrée de Seïni dans le gouvernement va lui permettre de faire l'OPA sur le MNSD ou ce qu'il en restera après cette décision politique qui sonne comme une haute trahison des dirigeants politiques de ce parti. Homme politique, parfois, têtu, Hama Amadou peut se retourner vers ses partisans pour leur dire que c'est son entêtement qui était la bonne ligne politique à tenir. Maintenant, il n'a qu'à doubler ses effectifs de militants en recrutant massivement auprès des militants MNSD déçus et préparer tranquillement les prochaines échéances politiques.

Six anciens membres de l’opposition nigérienne, dont le parti MNSD s'est rallié, récemment, à la mouvance présidentielle de Mahamadou Issoufou, sont entrés dans un nouveau gouvernement "d'union nationale" formé, mercredi,19 octobre, dans la soirée, a indiqué un communiqué lu à la télévision publique en soirée.

Parmi les hommes clé du régime, le ministre de l'Intérieur Mohamed Bazoum reste à son poste alors que Hassoumi Massoudou quitte la Défense pour les Finances. Il est remplacé par Kalla Moutari, également, membre du parti présidentiel, et anciennement à la Santé.

Foumakoye Gado, autre ténor, est maintenu au ministère du Pétrole.

Les six entrants de l'ancienne opposition dont Almoustapha Garba à l'Hydraulique et Illiassou Idi à la Santé, sont des cadres du Mouvement national pour la société de développement (MNSD), le parti de Seïni Oumarou, troisième à la présidentielle de février et membre de la coalition qui s'était opposée avec véhémence au président lors de la campagne. Mais s'opposer, il y a dix mois pour se coucher aujourd'hui ? Geste incompréhensible !

Le président du MNSD, Seïni Oumarou, lui-même, devient le haut représentant personnel du président, Mahamadou Issoufou. C'est un comble qu'il ait accepté de devenir le garçon de courses de celui qu'il voulait remplacer à la tête de l'Etat. La famine et la pauvreté doivent-elles conduire à un tel discrédit de la politique ?

Seïni avait décidé, en août, de "répondre à l'appel" du président Issoufou (notre photo) de "former un gouvernement d'union nationale".

Ce parti qui a dirigé le Niger de 1999 à 2010 a justifié sa décision par "le souci de mettre en avant les intérêts supérieurs du pays".

Mahamadou Issoufou a été réélu avec 92,51% des voix lors du second tour de la présidentielle, contre 7,49% à Hama Amadou. L'opposition, dont le MNSD, qui avait dénoncé "une mascarade électorale", avait appelé à boycotter le scrutin. Quelques mois, après, le MNSD court à la soupe populaire (gouvernementale) oubliant du coup ses dénonciations d'hier. La honte !

Si les choses restent en l'état, la prochaine présidentielle se jouera entre deux vrais prétendants : Hama Amadou et l'actuel homme fort du système en place, Mohamed Bazoum.

Commentaires

Dan Baka (non vérifié)
Un État où tout est possible, le Niger

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