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NIGER : L'OIF appelée à la rescousse pour nettoyer le fichier électoral, Issoufou devient-il raisonnable ?

C'était un des principaux points de conflit : le nettoyage de la liste électorale prévue pour faire passer le président, Mahamadou Issoufou, par KO, dès le premier tour, alors que l'opposition affirme qu'il est devenu, strictement, minoritaire dans le pays, depuis sa séparation avec Hama Amadou et le Moden Fa Lumana.

La Commission électorale nationale indépendante du Niger (CENI) a annoncé, mercredi, 23 décembre, qu'elle allait "soumettre au contrôle" de l'OIF, le fichier électoral, comme le réclame l'opposition en vue de la présidentielle de février prochain. C'est, plutôt, une bonne nouvelle, qui va contribuer à détendre, quelque peu, la très pesante atmosphère politique actuelle.

"Nous avons décidé ce matin en plénière de soumettre une requête urgente à l'OIF et lui soumettre le fichier électoral pour contrôle", a affirmé le vice-président de la CENI, Me Kadri Oumarou Sanda.
Le but visé est d'avoir "un fichier fiable", a-t-il déclaré.
"Si l'OIF, comme à ses habitudes, répond, promptement, cela nous permettra d'organiser le scrutin dans les délais constitutionnels", a-t-il souligné.
La vérification du fichier, par l'OIF, est l'une des exigences de l'opposition, qui menace de boycotter le scrutin du 21 février où le président, Mahamadou Issoufou, élu en 2011, va briguer un second mandat.

L'entourage du président jure qu'il va gagner dès le premier tour, ce qui inquiète l'opposition, quand elle fait ses calculs et trouve que Mahamadou Issoufou ne dispose pas de réserves de voix en dehors de celles de son propre parti, le PNDS.

Le chef de file de l'opposition, le président du MNSD, Seïni Oumarou, avait demandé que l'audit du fichier électoral soit confié à cette organisation, comme en 2010. Mais le gouvernement nigérien avait répondu, lundi, 21 décembre, avoir validé le fichier "audité" par un "cabinet national", et remis à la CENI pour l'édition des cartes et des listes électorales.

Mi-novembre, Sabiou Gaya, un des responsables chargés de l'élaboration du fichier électoral, avait reconnu qu'il comportait "beaucoup de ratés", notamment, avec des "bureaux de vote manquants", des "mineurs et non Nigériens inscrits" sur les listes. En effet, on soupçonne ce fichier d'avoir été truffé de nombreux faux électeurs venant des pays de l'Afrique de l'Ouest et du Centre, actuellement au Niger en transit, et en partance pour l'Europe via la Libye, l'Algérie ou le Maroc. Du « bétail électoral », accuse l'opposition.

Conséquence, le climat politique est tendu au Niger à deux mois de la présidentielle, à cause de ce problème de fichier électoral, de l'emprisonnement de l'opposant, Hama Amadou, et de la décision du pouvoir de museler les médias privés, qui ne sont pas aux ordres du candidat du pouvoir. Voilà pourquoi ça chauffe dans le pays.

En août, l'opposition avait rejeté le calendrier fixé par la commission électorale, dénonçant une absence de "consensus".
Elle avait, auparavant, critiqué la Cour constitutionnelle, qui valide les candidatures et les résultats des élections, pour son "allégeance" au président Issoufou.

Jeudi, ce dernier a affirmé qu'une tentative de coup d'état avait été déjouée, justifiant 9 arrestations d'officiers supérieurs pour lesquels il peine à prouver l'implication. Connaissant l'homme et ses habitudes, l'opposition ne croit pas et exige les preuves du coup d'état, qui tardent à venir.

Pour faire diversion, des enquêteurs ont entendu Hama Amadou, dans sa prison, il y a quelques jours, comme si c'est lui qui en était le maître à penser. « Du n'importe quoi », s'est indigné son parti, Moden Fa Lumana, qui accuse Issoufou de perdre, complètement, le contrôle du pays.

Commentaires

Exilé Congolais... (non vérifié)
C'est vraiment dommage pour les Etats Africains, quelle honte, est ce que le Canada, la suisse, ou la Belgique... ont-ils besoin de l'OIF pour organiser des Elections libres et transparentes. L'OIF fait quoi au Burundi avec les assassinats de Nkurunzinza et L'OIF est complaisante avec la dictateur Sassou Nguesso... J'ai honte d’être africains.....Heureusement le Burkina vient de nous donner une leçon de démocratie...
la colère des b... (non vérifié)
voilà un autre dictateur ki ne v pas cd l pouvoir... au congo, on a besoin des missiles sol-air pour abattre les avions de combat de sassou... l'heure du dialogue est djà passé.

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