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NIGER : Le président Mahamadou Issoufou tourne-t-il le dos à la démocratie ?

Reporters sans frontières (RSF) a "dénoncé", mercredi, 25 novembre, des séries d'arrestations de journalistes au Niger, en "totale violation" de la liberté de la presse.

"Depuis le 23 novembre", Souleymane Salha, le directeur de l'hebdomadaire "Le Courrier" est "en garde à vue" à la police de Niamey. Il s’agit de la "cinquième arrestation" de journalistes "en dix jours", déplore l'ONG, dans un communiqué. Des agissements incompréhensibles pour un "démocrate", membre de l'Internationale socialiste, comme Mahamadou Issoufou.

Selon RSF, l'arrestation de Souleymane Salha serait liée à la publication d'un article dans lequel "il épinglait" le directeur-adjoint de la police, après l’arrestation, le 14 novembre, de l'opposant, Hama Amadou - impliqué dans un trafic présumé de bébés - dès son retour, à Niamey, après plus d'un an d'exil en France.

"Nous demandons aux autorités nigériennes de relâcher immédiatement" le journaliste et "de cesser d'user de ces détentions préventives pour intimider les professionnels des médias", a déclaré RSF.
"Si elles (les autorités) s'estiment diffamées, il existe d'autres recours que l'emprisonnement", avance l'ONG.

Le 14 novembre, deux journalistes et deux cameramen indépendants, qui couvraient l'arrivée de Hama Amadou "ont été interpellés" par la police et leur matériel confisqué, avant d'être remis en liberté le lendemain, a rappelé RSF.

Le 19 octobre, cinq autres journalistes avaient, également, été "arrêtés" puis "relâchés", alors qu’ils couvraient une manifestation d’étudiants, note encore RSF, affirmant que "ces arrestations représentent une totale violation de la loi nigérienne sur la liberté de la presse".

Fin janvier, pour protester contre des "violences policières", une dizaine de radios et télévisions privées avaient, simultanément, suspendu leurs émissions, durant cinq minutes. Sur les écrans, on pouvait lire : "Je suis Liberté de presse". Dans la foulée, des organisations de journalistes ont déposé une plainte contre X.

Le Niger va de plus en plus mal à mesure qu'on s'approche de la présidentielle de février 2016. Visiblement, Issoufou ne contrôle plus rien. Le pays lui échappe. En s'en prenant aux journalistes, c'est comme s'il s'attaquait au thermomètre au lieu de combattre la fièvre.

Avec AFP

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