NIGER : Limogeage de quatre principaux chefs militaires pour incompétence

Le gouvernement nigérien réuni, lundi, 13 janvier, en conseil des ministres, à Niamey, a pris d'importantes mesures dans la haute hiérarchie militaire marquées, notamment, par le départ du chef d'état-major des Forces armées nigériennes (FAN), le général de corps d'armée, Ahmed Mohamed, en poste depuis janvier 2018, remplacé par le général de division, Salifou Modi. Plus tard, dans la soirée, à Pau, en France, les chefs d'Etat du G5 Sahel et de France, ont décidé de mettre sur pied un commandement conjoint Barkhane/G5 Sahel pour mieux traquer les djihadistes sur le terrain. Désormais, on combattra les terroristes ensemble et non chacun dans son coin, ce qui faisait naître certaines incompréhensions. Parallèlement, la France va envoyer 220 soldats supplémentaires pour grossier le contingent de Barkhane dont l'effectif est de 4.500 personnes. Les forces spéciales européennes sont, également, attendues aux côtés du G5 Sahel et de Barkhane dans les prochains mois. Ce changement de stratégie mettra-t-il les djihadistes en déroute ? Réponse dans quelques mois.

De même, selon un communiqué du gouvernement du Niger diffusé sur la radio nationale, le général de brigade, Seydou Bagué, est nommé chef d'état-major de l'armée de terre, en remplacement du général de brigade, Sidikou Abdou Issa, qui devient inspecteur général des armées. Le général de brigade, Didili Amadou, va occuper le poste de secrétaire général du ministère de la Défense.

Ces décisions interviennent après une série d'attaques terroristes qui ont causé de sérieuses pertes dans les rangs des forces armées nigériennes, dont celle de Chinogadar (Ouest), proche de la frontière avec le Mali, jeudi, 9 janvier, la plus meurtrière que le pays ait connue de son histoire, avec 89 soldats tués selon le bilan officiel.

Elles interviennent, également, un mois après la mort de 71 militaires nigériens le 10 décembre dernier dans une attaque d'une rare violence menée par plusieurs centaines de terroristes lourdement armés à bord de colonnes de véhicules et de motos, contre leur garnison près d'Inates, située dans la région de Tillabéry, également, proche de la frontière avec le Mali. Les grands moyens de surveillance des armées française et américaine, visiblement, n'ont pas aidé. On se demande pourquoi ?

Le 25 décembre dernier, 14 autres éléments des Forces de défense et de sécurité (FDS) nigériennes ont été tués et un autre est porté disparu dans une attaque terroriste contre leur convoi près de Sanam (Ouest), également, proche de la frontière malienne, selon un communiqué du ministère nigérien de l'Intérieur et de la Sécurité publique.

Résultat, en l'espace de trois semaines, l'armée nigérienne a perdu 175 soldats, ce qui peut expliquer le limogeage d'une partie de la hiérarchie militaire accusée d'incompétence notoire (sur notre photo le président Mahamadou Issoufou).

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