NIGER PAYS DE FILTRAGE DES MIGRANTS : Mahamadou Issoufou a-t-il dit OUI aux Européens trop vite ?

Contre toute attente, le président du Niger, Mahamadou Ousmane, avait plié devant le président français, Emmanuel Macron, en acceptant, au grand mécontentement des Nigériens et des Africains, l'installation des « hot spots » sur le sol du Niger gérés par les services français de l'OFPRA. Il s'agit de lieux de sélection des bons candidats à l'immigration qui conviennent aux critères de la France, pour devenir, soit, des réfugiés politiques, soit, des immigrés au profil recherché par l'économie française. Des Mamoudou Gassama en somme ! Mahamadou Issoufou n'avait pas été seul à accepter cette chose inacceptable. Le président tchadien, Idriss Déby Itno, aussi, avait dit « Oui Chef » à Emmanuel Macron, sans demander l'avis de personne dans son pays (notre photo montrant la tenue de la réunion à ce sujet à l'Elysée en août 2017). Les deux présidents ont été salués par la France pour leur ...courage. Mais, en Afrique, les critiques les plus acerbes, voire, même des insultes s'abattirent sur les deux présidents accusés de brader la souveraineté de leur pays. Aujourd'hui, on sait que le Maroc, l'Algérie, la Tunisie, et même, la Libye, à qui des centres d'internement (plus ou moins similaires) des immigrés sont proposés comme lieux de transit, sur leur sol, avant de regagner l'Europe ont répondu « Non » en choeur. Un « Non » salué par les Africains et même par les Nations-Unies, qui ne cautionnent pas l'implantation de ce genre de camp de « concentration » des temps modernes. Aujourd'hui, pour des raisons qui lui sont propres, Mahamadou Issoufou, semble entreprendre une marche en arrière. Mieux vaut tard que jamais.

Le Niger va continuer à servir de pays de transit pour les demandeurs d'asile, notamment, acheminés de Libye voisine, par l'ONU, a indiqué, samedi, 7 juillet 2018, le président nigérien, Mahamadou Issoufou : "Nous sommes un peuple ouvert à l’hospitalité, nous sommes un peuple généreux, nous accueillerons les gens qui sont en difficulté, qui sont dans le désarroi, c'est la tradition de notre pays", a déclaré le président Issoufou à l’issue d'un entretien avec une délégation de l'ONU conduite par sa vice-secrétaire générale, Amina Mohamed.

Et Mahamadou Issoufou de renchérir : "L'essentiel c'est que les gens ne restent pas longtemps au Niger, il faut que le transit au Niger se passe très vite, que le temps soit minimal, c'est la seule condition que nous posons".

Mahamadou Issoufou a salué "la bonne collaboration" avec l'Union européenne (UE) dans la lutte contre la migration clandestine, mais jugé "pas suffisant" le fonds fiduciaire d'1,8 milliard d'euros mis en place par l'UE pour son pays. "C'est une goutte d'eau dans les besoins de financement", a-t-il noté.

De manière générale, les pays européens tiennent un double langage. D'un côté, ils disent vouloir une immigration qui puisse répondre à leurs critères de sélection, mais de l'autre, on remarque que même cette forme d'immigration, n'est pas traitée différemment.

Fin juin, le Haut commissaire de l'ONU aux réfugiés (HCR), Filippo Grandi, en visite à Niamey, avait demandé aux pays européens d'accélérer les procédures de départs des pays de transit des réfugiés qu'ils ont décidé d’accueillir sur leur sol : "Il faut que ces gens partent du Niger", avait-il souhaité. Or, "en six mois" seules "200 personnes" sont parties du Niger, alors que "1.200" autres répondant aux critères des Européens, attendaient, toujours, sur place, au Niger, ce qui énervait, au passage, le HCR.

Cela dit, le plus grave, c'est que le président du Niger, Mahamadou Issoufou, n'ait pas (jamais) demandé à son principal interlocuteur européen, à savoir, le Français, Emmanuel Macron, de démanteler sa fâcheuse politique françafricaine déployée en Afrique francophone, laquelle est à l'origine des départs massifs en Europe des jeunes Africains des pays concernés. Mahamadou Issoufou a-t-il peur de tenir le langage de la vérité au président français en le regardant dans les yeux ? Car il faut bien dire que ce sont les (mauvaises) relations de coopération entre la France et les pays d'Afrique francophone, qui maintiennent ces pays dans la misère et la pauvreté. Bref, la mal-gouvernance des pays africains à l'origine de l'accroissement de leur sous-développement, est fortement encouragée par la France et d'autres pays anciens colonisateurs comme l'Allemagne, l'Espagne, le Portugal, l'Italie et la Belgique.

Le Niger avec (son uranium et son exploitant français Areva) n'échappe pas à la règle. Ce n'est un secret pour personne que Areva exploite l'uranium nigérien pour éclairer plus de 30% du territoire français, mais, les Nigériens n'ont pratiquement rien en contrepartie de cette exploitation. Voilà la Françafrique à l'état pur chez Issoufou.

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