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NIGER : Pourquoi le président Mahamadou Issoufou craint un coup d'état militaire

Le président du Niger, Mahamadou Issoufou, parcourt certains médias parisiens parmi les plus conciliants, pour justifier l'injustifiable. Ce week-end, par exemple, il était l'invité des émissions sur TV5 Monde et RFI, pour essayer de vendre une démocratie version Issoufou, qui n'hésite plus à mettre des journalistes en prison, jusqu'à provoquer des journées « Ecrans noirs et silence radio ». Du jamais vu au Niger. Alors qu'il était, confortablement, assis, au Bourget, où les chefs d'Etat et de gouvernement de la planète, parlent « Climat », il devait se faire de réels soucis, sachant ce qui se passe au Niger, le pays où les choses commencent à mal tourner pour lui.

En effet, les directeurs généraux des groupes de presse audiovisuels privés du Niger, hormis le groupe ‘’Dounia’’, proche du pouvoir, ont décidé, ce lundi, 30 novembre, journée nationale de la liberté de la presse, d’observer un mouvement dit, ‘’écrans noirs et silence radio’’, de 19h45 à 21h30.

Ainsi, pour protester contre les exactions commises à l'encontre des journalistes nigériens et contre ‘'les menaces graves qui pèsent sur la profession de journaliste au Niger'', tous ces groupes vont servir, ce soir, aux téléspectateurs nigériens, un écran noir et ils ne pourront, également, suivre aucune émission à la radio.

Si Mahamadou Issoufou était un (vrai) démocrate, il aurait tout, simplement, honte, car pour que les journalistes en arrivent là, il faut qu'ils soient, réellement, dans le désespoir total. Mais « le président nigérien est imbu de sa personne. Il sait tout. Il est d'une suffisance rarement vue chez un homme politique. Il a raison sur tout », dit-on de lui. Bref, que peut-on attendre d'une telle « lumière » ?

Le 30 novembre correspond à la date de la signature de la Déclaration de la montagne de la table par le président, Issoufou Mahamadou, devenant, ainsi, en 2012, le premier chef d'Etat à signer cette charte en faveur de la liberté de la presse. Une date qui sera institutionnalisée, par la suite, et qui sera célébrée, pour la première fois, comme Journée nationale de la liberté de la presse, en 2014.

Malheureusement, déplore Baba Alpha, président de la Maison de la presse, depuis lors, la liberté de la presse n'a fait que régresser. En effet, explique-t-il, depuis le début de cette année 2015, les journalistes ont, plusieurs fois, été pris, à partie, par les forces de l'ordre, dans le cadre de leur travail. Ce fut le cas les 16 et 17 février, lors des manifestations ‘'anti Charlie'', ou encore, le 19 octobre dernier, au cours des manifestations des scolaires de Niamey, ainsi qu'au mois de novembre, où, rappelle, toujours, Baba Alpha, en moins, de 6 jours, 6 arrestations de journalistes, ont été enregistrées dont celle du directeur de publication, Le Courrier, Souleymane Salha.

Ce dernier a été gardé à vue, dans des conditions difficiles, à la police judiciaire et, au finish, il s'est retrouvé à l'hôpital. Sans aucune réaction de Mahamadou Issoufou. Ce mouvement inédit des patrons de presse vient en appui à un autre, enclenché à la veille de cette journée par les journalistes eux-mêmes. Il a porté sur le boycott de toutes les manifestations officielles organisées dans le cadre de la célébration de cette journée de la presse, y compris, la Nuit de la liberté de la presse, au cours de laquelle il était, pourtant, prévu de primer les meilleures œuvres journalistiques de l'année.

Mahamadou Issoufou est candidat à sa propre succession, en février 2016. Mais, à l'allure où il conduit le pays, on ne sait pas si le Niger ne connaîtra pas un chaos avant cette importante échéance. Son souhait de passer cette présidentielle, dès le premier tour, ne fait aucun doute. Mais il n'en a pas les moyens. C'est pour cela qu'il emprunte les méthodes du Guinéen, Alpha Condé, qui, bien que largement, minoritaire dans le pays, a, néanmoins, réussi un hold up avec la complicité de certaines puissances extérieures. Le président Issoufou voudrait emprunter la même voie. Il a commencé par mettre son redoutable adversaire, Hama Amadou, en prison, pour le faire taire, espérant en profiter pour saborder son parti, Le Modem Fa Lumana, ce qui lui profiterait face à un Seïni Oumarou du MNSD, dont il dit être plus « accommodant », et qu'il préférerait rencontrer comme faire-valoir électoral.

Seulement, la résistance à ses multiples manœuvres vient des endroits les plus insoupçonnés, y compris la presse. Il ne s'attendait pas à ce que les journalistes se rebiffent contre ses méthodes d'un autre temps.

Selon certaines sources, il commence à redouter un coup d'état militaire parce que conscient qu'il conduit le pays vers l'abîme.

Commentaires

moumouni (non vérifié)
ce journaliste qui ne sait pas ce qui se passe au Niger jusqu'à prevoir un coup d'Etat

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