NIGER : Vers la sécurisation du prochain vote présidentiel avec l'adoption de la biométrie

Le Niger se lance dans la confection de cartes électorales biométriques en prévision des élections générales de 2021. Il s'agit de la présidentielle et des législatives que la classe politique attend avec grand intérêt, le président actuel, Mahamadou Issoufou, n'étant plus candidat à sa succession. Cette situation ouvre le jeu politique en ce sens que l'opposition a une réelle chance d'accéder au pouvoir. Pour montrer que ces deux scrutins seront transparents, le 17 février, le président, Mahamadou Issoufou, s’est fait enrôler tandis que la Commission électorale nationale indépendante est, d'ores et déjà, à pied d’œuvre.

Pour les élections générales de 2021, la biométrie est une exigence de la classe politique nigérienne. A moins d’un an du scrutin, le président de la République s’est fait enrôler au Centre d’enrôlement et de vote (CEV) de l’hôtel de ville de Niamey, la capitale, le 17 février.

« J’appelle à la mobilisation de l’ensemble des citoyens, de l’ensemble des partis politiques pour que les partis politiques créent les conditions de l’apaisement, créent les conditions du dialogue afin qu’on puisse aller vers ces élections décisives », a-t-il déclaré à cette occasion. Le président a pris cette importante décision alors que sa réélection fut, ardemment, contestée, en 2016, tout comme la victoire de son parti, le PNDS, lors des législatives. Sorti deuxième de cette présidentielle, Hama Amadou, soutenu par l'opposition, avait refusé de prendre part au second tour, consacrant la victoire d'Issoufou sur tapis vert. Très populaire dans le pays, l'ancien premier ministre et ancien président de l'Assemblée nationale, estimait que les Nigériens avaient porté leurs suffrages sur sa modeste personne. Le pouvoir, lui, disait le contraire. Le président sortant a vu que le Niger, lors des prochaines élections de 2021, pourraient ne pas échapper à une crise post-électorale née d'une forte contestation des perdants, si ceux-ci se recrutent, une fois de plus, dans l'opposition. Honneur à lui de vouloir éviter une telle situation à son pays qu'il veut laisser en paix.

La dynamique de l’enrôlement est lancée dans toutes les régions du pays. Le président de la Commission électorale nationale indépendante (CENI), Issaka Souna, en appelle à ceux qui hésitent encore. « Ceux qui n’y croient pas encore devraient croire que tout va bien et qu’il faut s’inscrire dans le mouvement, martèle-t-il. Très bientôt, il sera trop tard pour ceux qui n’auront pas fait l’effort nécessaire de s’inscrire ».

La biométrie doit renforcer la transparence des élections. Selon un expert électoral, le Niger doit sortir du recensement manuel. « Le Niger fait partie des derniers pays qui n’ont pas embrassé la biométrie, rappelle-t-il. On ne peut pas continuer à venir faire l’enregistrement manuel et ensuite le décompte entièrement manuel ». La CENI prévoit, par ailleurs, des enrôlements dans les zones d’insécurité dès que le calme reviendra.

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