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OUGANDA : L'ex-guérillero a-t-il perdu le nord en emprisonnant une femme-activiste ?

L'universitaire et militante féministe ougandaise, Stella Nyanzi, a dévoilé ses seins et crié des obscénités, vendredi, 2 août, lorsqu'un juge l'a condamnée à 18 mois de prison pour harcèlement du président, Yoweri Museveni, l'ex-guérillero, qui, après avoir été libérateur de son pays, est devenu le grand oppresseur du peuple ougandais. La preuve : il va jusqu'à autoriser l'emprisonnement des femmes qui osent lui dire qu'il fait fausse route.

Stella Nyanzi n'est pas une inconnue en Ouganda. Elle fait partie des compatriotes de Museveni qui hantent son sommeil. Arrêtée et incarcérée, en 2017, pour avoir comparé le président Museveni à une «paire de fesses», elle a été, cette fois, reconnue coupable, jeudi, 1er août, d'avoir harcelé en ligne le chef de l'Etat et sa mère défunte, une décision condamnée par des organisations internationales de défense des droits de l'homme et l'opposition ougandaise. Il y eut un grand brouhaha dans la salle d'audience parmi les personnes venues écouter le verdict du tribunal de Kampala.

Stella Nyanzi, incarcérée depuis son arrestation en novembre 2018 et qui comparaissait par vidéo, passera, donc, neuf mois supplémentaires en prison. Elle a fait un double doigt d'honneur et hurlé des obscénités à l'énoncé du verdict, avant de montrer ses seins sous les acclamations et les cris de joie de ses partisans. Une bouteille de plastique a été lancée sur le juge lorsque la police a tenté de rétablir l'ordre.

Stella Nyanzi «a été bouleversée de ne pas avoir été autorisée à comparaître physiquement devant le tribunal mais par vidéo», a déclaré son avocat, Isaac Semakadde. «Ce procès a manqué de transparence», a-t-il affirmé. L'accusation de «propos offensants» n'avait, finalement, pas été retenue contre elle.

Chercheuse associée à la prestigieuse Université de Makerere à Kampala, Stella Nyanzi est titulaire d'un doctorat sur les sexualités en Afrique. Ses commentaires sur Facebook où elle est suivie par plus de 200.000 personnes, ne plaisent pas aux partisans de Yoweri Museveni (qui veut mourir au pouvoir), mais ceux-ci sont, largement, approuvés par une partie de la population, notamment, au sein de la jeunesse, qui souhaite le départ du pouvoir de l'ex-guérillero.

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