OUGANDA : L'ex-guérillero (Museveni) ne fait plus rêver, trois opposants ont organisé ses funérailles à Mbarara

Trois militants politiques ougandais ont été arrêtés, vendredi, 7 juillet, pour "rassemblement illégal" après avoir mené une parodie de funérailles du président, Yoweri Museveni, de certains ministres et de parlementaires proches du pouvoir. Une grande première, non seulement, en Ouganda, mais aussi, dans la sous-région, et même, en Afrique.

Les trois hommes ont été arrêtés, à Mbarara, à 300 kilomètres au Sud-Ouest de la capitale, Kampala, après avoir maintenu cet événement en dépit de l'interdiction formulée par la police. Autant dire qu'ils étaient décidés à se faire entendre.

Ils voulaient, ainsi, protester contre un amendement constitutionnel qui devrait, bientôt, être examiné par le Parlement et qui prévoit de lever l'âge limite pour être élu chef de l'Etat, ce qui pourrait permettre à l'ex-guérillero, Yoweri Museveni, 72 ans, de se représenter à l'issue de son mandat en 2021.

Initiative spectaculaire qui montre la bravoure de ses concepteurs : "Les trois ont porté un cercueil avec l'inscription +Repose en paix Museveni+ et un portrait du président", selon le porte-parole de la police locale, Samson Kasasira. "Dans le même cercueil, il y avait les noms du ministre de la Justice et des Affaires constitutionnelles, et d'autres ministres et membres du Parlement", a-t-il ajouté.

Les trois activistes seront "inculpés devant un tribunal pour rassemblement illégal", a précisé Samson Kasasira, qui ne souhaite pas qu'un tel comportement fasse tache d'huile.
Une modification de la Constitution, levant l'âge limite - actuellement fixé à 75 ans - pour être élu président, pourrait permettre à l'ex-guérillero, au pouvoir depuis 1986, de se présenter pour un sixième mandat consécutif, puis, un septième, puis, un huitième, puis, un neuvième, jusqu'à ce que le Seigneur Tout Puissant décide de le prendre à ses côtés pour une retraite bien méritée au ciel.

Le président ougandais (sur notre photo avec Paul Kagamé et Joseph Kabila qui mènent exactement le même combat contre la démocratie) copie son comportement sur son homologue rwandais, Paul Kagamé, dont la réforme constitutionnelle (pour la présidence à vie qui ne dit pas son nom) est passée comme une lettre à la poste. Résultat, le 4 août prochain, il va avoir, sans effort, son troisième mandat de sept ans, après avoir fait écarter trois opposants qui voulaient se présenter contre lui. Précisons que Paul Kagame a été encouragé par le Congolais, Denis Sassou Nguesso, qui avait bravé, devant l'indifférence de la communauté internationale et de sa très désunie opposition, tous les obstacles pour faire aboutir sa propre réforme constitutionnelle, en octobre 2015. Aujourd'hui, il se permet même de présider des médiations internationales dans d'autres pays comme la Libye et se prépare à tenir les élections législatives, le 16 juillet, pour faire le plein de ses députés PCT et apparentés à l'Assemblée nationale. A partir de ces différents succès, qu'on ne s'étonne pas de l'entêtement du Burundais, Pierre Nkurunziza, en passe, lui aussi, de changer la constitution pour s'éterniser au pouvoir, et surtout, du RDCongolais, Joseph Kabila, qui multiplie des manœuvres pour s'accrocher à la tête de l'Etat, alors que la constitution lui demandait de quitter le pouvoir fin 2016.

Les pays membres de l'Afrique centrale et de l'Afrique de l'Est sont les véritables points noirs de la démocratie en Afrique. Avec l'arrivée de l'Américain, Donald Trump, à la Maison Blanche, ils se voient consolidés dans leur approche de vouloir mourir au pouvoir qui les a, toujours, habités, Trump ayant, clairement, donné sa préférence aux « hommes forts » du continent noir qui réussissent tant bien que mal à stabiliser leur pays, même s'ils appliquent par dessus la jambe, les principes démocratiques à l'occidentale.

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