PAUL BIYA/EMMANUEL MACRON : Que chacun s'occupe de ses affaires (dans son pays) et ce sera bien ainsi !

Emmanuel Macron et son homologue camerounais Paul Biya ont échangé, dimanche, 1er mars, au téléphone, dit un communiqué de l'AFP, sur des informations délivrées par le service de presse de l'Elysée. Annoncé en fanfare au Salon de l'agriculture, le 22 février, par le président français, ce coup de téléphone avait, essentiellement, trait à la situation tendue dans le NOSO (Nord-Ouest et Sud-Ouest) du Cameroun, huit jours après des propos, particulièrement, insultants et paternalistes d'Emmanuel Macron à l'endroit de son homologue du Cameroun.

On n'a pas besoin d'être militant du RDPC ni membre de la famille ethnique, sociologique ou biologique de Paul Biya, pour dire au jeune président français : « Stop ! On ne s'adresse pas à un homologue de cette façon et sur ce ton ». Quoi qu'on dise au sein des milieux de l'opposition camerounaise de l'intérieur ou de la diaspora, où on a, visiblement, perdu la notion de l'amour du pays, où on croit à tort que le salut du Cameroun et des Camerounais viendra des soi-disant amis de l'extérieur, un président français ou non n'a pas le droit de parler, ainsi, sur ce ton, à un autre dirigeant africain, qu'il soit Paul Biya ou autre. D'autant plus que Paul Biya (puisqu'il s'agit de lui) ne lui a pas demandé de lui venir au secours sur une question anglophone qu'il dit maîtriser totalement.

Au cours de cet entretien téléphonique annoncé au Salon de l'agriculture, les deux dirigeants «ont évoqué la situation sécuritaire dans les régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest du Cameroun». «Ils se sont accordés sur la nécessité d'une enquête impartiale en réaction aux violences commises contre des populations civiles dans le village de Ngarbuh, dans la province du Nord-Ouest», a indiqué l'Elysée. Charité bien ordonnée commençant par soi-même, Emmanuel Macron a-t-il trouvé une solution consensuelle sur la question des retraites avec les Français avant d'avoir le temps d'aider Paul Biya à s'occuper de son problème anglophone ? Qu'il commence par démontrer qu'il est à l'écoute de ses compatriotes avant de donner des conseils à son homologue du Cameroun. Car il ne peut pas enseigner ce que lui-même ignore. C'est un principe pédagogique très simple que connaissent tous les enseignants : on n'enseigne que ce que l'on maîtrise soi-même.

D'autre part, pourquoi Macron demande-t-il à Biya de débattre alors qu'il vient de refuser le débat en plein cœur de l'Assemblée nationale (qui est un lieu de débat par excellence), préférant dégainer l'arme du 49-3, qui est synonyme de passage en force ? Et pourtant, Macron a bien une majorité obèse à l'Assemblée nationale si on ajoute aux députés de La République en marche (son parti), les alliés du Modem, de l'UDI et autres.

A l'endroit des Camerounais qui, au lieu de lutter sur place, au Cameroun, pour obtenir des solutions à leurs problèmes, pensent trouver des (faux) sauveurs en Occident, en Asie ou ailleurs, on leur dit ceci : chaque pays (et ils doivent le savoir) a les dirigeants qu'il mérite. S'ils veulent la recolonisation pure et dure du Cameroun à l'instar de ce qui se passe, aujourd'hui, en Côte d'Ivoire sous Alassane Ouattara, qu'ils continuent ainsi. C'est pour cela que Maurice Kamto, le chef du MRC, deviendra sérieux aux yeux de tous quand il cessera de compter avant tout sur les Occidentaux à Paris et à Washington au lieu d'aller aux élections, sans lesquelles aucun changement n'est possible. Malheureusement, pour des raisons que lui seul connaît, il a boudé les législatives et les municipales alors qu'il jure vouloir le changement.

Une question à ces Camerounais qui perdent le sens de la dignité en allant crier leur désarroi et demander de l'aide à des personnes qui justement font tout pour garder le Cameroun dans la dépendance et le sous-développement : à qui s'adresseront-ils, demain, quand le jeune président aura quitté l'Elysée dans un peu plus de deux ans tandis que Biya, lui, sera, toujours, solidement, scotché à son poste à Etoudi ?

Conclusion : Que les Camerounais indignes cessent de jeter la honte sur tout le peuple du Cameroun, qui (toutes choses égales par ailleurs) a toujours su garder une certaine dignité. Les problèmes du Cameroun, c'est au Cameroun qu'ils doivent être débattus et résolus. Pas au Salon de l'agriculture en France ou ailleurs hors du Cameroun.

Tout comme les problèmes soulevés par les Gilets Jaunes et toutes les professions (y compris l'armée et la police) en colère contre le projet des retraites d'Emmanuel Macron, ne peuvent être débattus ou solutionnés à Washington, à Moscou ou à Berlin, mais, uniquement, en France.

Le Cameroun n'a pas besoin de la France pour exister. Penser le contraire c'est ne rien connaître à la réalité des choses. La France n'a pas besoin du Cameroun pour garder son rang dans le monde. Et c'est bien ainsi ! (notre photo montrant les deux présidents en novembre 2019 à l'Elysée).

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