PRESIDENCE DU ZIMBABWE : Après Monsieur Camarade Bob Madame Camarade Bob ?

Le président sud-africain n'est pas seul dans la sous-région australe de l'Afrique à vouloir se faire succéder par son ex-épouse, Xhosazana. Au Zimbabwe, Robert Mugabe nourrit, exactement, la même ambition. Son épouse, Grace, qui, après avoir pris la direction de la puissante ligue féminine de la Zanu-PF, va devenir, avant la fin 2017, vice-présidente du parti. C'est le chemin tout indiqué pour qu'elle devienne la prochaine présidente du Zimbabwe. Qui a dit que Camarade Bob, du haut de ses 93 ans, était sénile (comme disent ses détracteurs) et ne savait pas ce qu'il faisait ? Il démontre, au contraire, aux Zimbabwéens qu'il a de la suite dans les idées, et qu'il réfléchit mieux qu'un gamin de 60 ans.

L'épouse du président zimbabwéen, Robert Mugabe, a annoncé, dimanche, 5 novembre, qu'elle était prête à succéder à son mari, alors que la succession du dirigeant âgé de 93 ans provoque des tensions croissantes au sein du parti au pouvoir, la Zanu-PF.

"Je dis à M. Mugabe : vous devriez (...) me laisser prendre votre place", a-t-elle lancé devant des milliers de personnes dans un stade de Harare.

Et de poursuivre dans cet exercice, sans doute, bien coordonné avec son époux de mari : "N'ayez pas peur. Si vous voulez me donner votre poste, donnez-le moi librement", a ajouté la première dame, Grace Mugabe. La machine est lancée : Grace va, désormais, broyer toute personne qui osera s'opposer à son dessein présidentiel.

Le président de la République, lui-même, a laissé entendre, samedi, 4 novembre, qu'il pourrait démettre de ses fonctions le vice-président, Emmerson Mnangagwa, qui est vu comme un de ses successeurs potentiels et qui apparaît comme un rival de Grace, l'épouse du chef d'Etat (sur notre photo avec Robert Mugabe).

Emmerson Mnangagwa, 75 ans, surnommé "le crocodile", a, déjà, perdu, début octobre, son portefeuille de ministre de la Justice.

Grace Mugabe, 52 ans, a déclaré que le parti au pouvoir allait, bientôt, changer ses statuts pour qu'une femme soit vice-présidente. Cette femme sera elle. Et ce changement se fera avant décembre 2017.
Une telle décision pourrait avoir comme conséquence qu'elle remplace M. Mnangagwa et lui ouvre la voie pour succéder à Camarade Bob, qui dirige le pays depuis 37 ans, et qui n'atteindrait plus les 100 ans au pouvoir comme il l'a, maintes fois, annoncé.

M. Mnangagwa a été nommé vice-président en 2014, remplaçant Joice Mujuru, qui avait perdu son poste après une campagne de Grace Mugabe qui l'accusait de vouloir renverser le président.
La première dame a, aussi, accusé, dimanche, 5 novembre, M. Mnangagwa d'avoir ourdi des complots, notamment, d'avoir préparé un coup d'Etat au moment de l'indépendance en 1980.

"En 1980 cette personne appelée Mnangagwa voulait faire un coup d'Etat. Il voulait prendre le pouvoir du président. Il conspirait avec des Blancs," a-t-elle dit. Voilà qui est clair. Le compte à rebours vient de commencer pour le vice-président.

Le parti au pouvoir, la Zanu-PF, connaît de profondes divisions à propos de la succession du président Mugabe, qui a, toujours, refusé de désigner un successeur. Mais, en fait de refus, il s'agissait, plutôt, d'une stratégie qui consistait à installer, progressivement, son épouse. En vieux routier de la politique, Camarade Bob savait ce qu'il faisait.

Il a, toutefois, annoncé qu'il briguerait un nouveau mandat lors de l'élection présidentielle de 2018. Mais, il le fera en toute tranquillité, sachant que le pouvoir d'Etat restera au sein de la famille Mugabe. Qui a dit que Camarade Bob était sénile ?

N.B. Comme c'était annoncé, Emmerson Mnangagwa a fini par être limogé, ce lundi, 6 novembre, par le chef de l'Etat. Il rejoint la longue liste de ceux qui ont aspiré, à un moment de leur vie, pouvoir succéder à Camarade Bob, à la tête du pays. Un crime de lèse majesté.

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