PRESIDENTIELLE AMERICAINE : Donald Trump compte-t-il d'honorables correspondants de l'Est dans son entourage (immédiat) ?

C'est comme si Donald Trump sentait le vent tourner. Sa destitution n'est plus une hypothèse d'école et une fois la procédure lancée (même si elle n'aboutissait pas vite) pourrait, sérieusement, hypothéquer ses chances de réélection. Qui ne sont plus intactes. Alors, il va au clash. Et pour la première fois, « Joe l'endormi » comme il l'avait qualifié il y a quelques semaines, donne de la voix, pour lui répondre. Doucement et sûrement, les Américains, à commencer par les républicains qui aiment vraiment leur pays, vont, progressivement, se rendre compte que le président qu'ils adorent et qu'ils ont élu, n'est en fait qu'un anti-national, un homme d'affaire qui est capable de pactiser avec le diable, l'ennemi, pour faire passer ses propres intérêts. Et non ceux de l'Amérique ! Avec l'histoire de l'Ukraine, on est dans une sorte de répétition, qui explique la victoire surprise de Trump en 2016. Personne n'y croyait. Sauf ses amis et alliés russes. Et lui-même Trump (sur notre photo avec la première dame Melania d'origine slovène). Une insulte à la démocratie américaine. Une souillure à la fierté de cette superpuissance mondiale.

Une "menace" pour les Etats-Unis, un président qui a "trahi" son pays : Joe Biden en tête, les ténors démocrates ont fait front, mercredi, 9 octobre, contre Donald Trump qui, sous la menace d'une procédure de destitution, a choisi l'affrontement maximal.

Donald Trump "piétine la constitution", a tonné l'ancien vice-président de Barack Obama et possible adversaire du milliardaire républicain en 2020.

"Pour protéger notre constitution, notre démocratie, nos principes fondamentaux, il doit être visé par une procédure de destitution", a ajouté Joe Biden depuis le New Hampshire, affirmant, dans un discours cinglant, que le milliardaire avait "trahi" son pays et représentait "une menace".

"Pathétique", lui a répondu le locataire de la Maison Blanche dans un tweet.

L'issue du clash constitutionnel, qui démarre sera lourd de conséquences pour M. Trump, mais, constituera, aussi, un test pour les institutions démocratiques américaines.

La stratégie de la Maison Blanche est claire : bloquer toutes les demandes, tenter de convaincre l'électorat républicain que la procédure en cours n'est qu'une basse manœuvre politique et se servir de cette dernière pour galvaniser les troupes pour l'élection présidentielle à venir. Mais, ce n'est pas sûr que cette manœuvre fonctionne.

Selon un sondage de Fox News mercredi, 51% des électeurs souhaitent, désormais, que Donald Trump soit destitué, contre 42% selon le même sondage réalisé en juillet. Cette hausse est y compris due aux électeurs républicains, dont la proportion à se déclarer en faveur d'une destitution a augmenté de 5 points de pourcentage.

"Les démocrates-qui-ne-font-rien sont obsédés par une seule chose : nuire au parti républicain et au président", a tweeté Donald Trump, mercredi, 9 octobre, matin. "La bonne nouvelle, c'est que NOUS ALLONS GAGNER!!!!".

Dans un courrier de huit pages aux accents plus politiques que juridiques, l'avocat de la présidence, Pat Cipollone, a informé, mardi, le Congrès que l'administration Trump ne participerait pas à une enquête "partisane et anticonstitutionnelle".

Pour le chef de la majorité démocrate à la Chambre des représentants, Steny Hoyer, qui a rappelé que "personne n'était au-dessus des lois, même le président Trump", cette missive ne change rien au fond du dossier : "Les Américains méritent de connaître les faits et la Chambre ne relâchera pas ses efforts pour mettre en lumière la conduite du président", a-t-il écrit.

La bataille devrait, rapidement, passer sur le terrain juridique. Donald Trump a d'ailleurs estimé mercredi qu'elle finirait "probablement" devant la Cour suprême.

Mais, l'"impeachment" est avant tout, affaire de volonté politique et la perception dans l'opinion publique de la procédure jouera un rôle crucial dans les semaines à venir.

Les démocrates, qui ont, souvent, des difficultés à trouver le bon ton, ou la bonne stratégie face au style résolument provocateur de Donald Trump, s'efforcent de démontrer que l'affaire ukrainienne est de nature différente des scandales qui ont, jusqu'ici, éclaboussé sa présidence.

Le point de départ est simple : un échange téléphonique, au coeur de l'été, entre le président des Etats-Unis et son homologue ukrainien, Volodymyr Zelensky, au cours duquel M. Trump lui a demandé de chercher des informations compromettantes sur son rival Joe Biden.

Empêcher le Congrès d'avancer dans son enquête pourrait constituer une entrave à la justice, rappellent-ils par ailleurs, soulignant que cela avait été l'un des trois motifs de destitution retenus à l'encontre du président, Richard Nixon, en 1974, avant sa démission.

La première salve a été tirée, mardi, 7 octobre, par la Maison Blanche qui a interdit à l'ambassadeur des Etats-Unis auprès de l'Union européenne, Gordon Sondland, un "acteur-clé" dans l'affaire ukrainienne, de témoigner devant les élus.

Les chefs démocrates des commissions chargées des investigations ont, immédiatement, riposté en lui adressant une injonction exigeant qu'il témoigne le 16 octobre et présente des documents que le département d'Etat refuse de livrer.

Les élus espèrent, par ailleurs, entendre, vendredi, 11 octobre, l'ancienne ambassadrice des Etats-Unis à Kiev, Marie Yovanovitch, que Donald Trump avait critiquée lors de l'appel avec son homologue ukrainien.

Pour l'heure, Donald Trump accentue ses attaques contre le lanceur d'alerte – un membre des services de renseignement dont l'identité est tenue secrète – dans l'espoir de le décrédibiliser. Pour le moment, il n'y arrive pas.

"L'avocat du lanceur d'alerte est un gros démocrate. Le lanceur d'alerte a des liens avec l'un de mes opposants démocrates", a tweeté Donald Trump, appelant ce dernier à "s'excuser" et les élus à mettre fin à leurs auditions "ridicules".

Le président américain, en retrouvant, cette fin de semaine, les estrades de campagne, jeudi, 10 octobre, dans le Minnesota et, vendredi, 11 octobre, en Louisiane, aura l'occasion de tester son message devant des foules toutes acquises à sa cause.

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